Des nouvelles du projet  de solidarité avec Lokolama au Congo

C'est en 2007, à l'occasion du centenaire du début de la construction de notre église Saint-Martin, qu'est né, à l'instigation de notre Doyen Jean-Marie JADOT, le projet de solidarité "PARTENARIAT IBANGA" dont l'objectif était de construire un Centre de Santé à Lokolama. Lokolama se trouve en pleine forêt tropicale de la République démocratique du Congo, dans l'actuelle province de Mai-Ndombe, province dont le chef-lieu est Inongo sur le lac Léopold II.

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Homélie du 16 octobre 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

29e dimanche du

Temps ordinaire, Année A

Au cœur de la liturgie de ce 29ème dimanche du temps ordinaire A, l'adage devenu populaire « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est Dieu » vient nous interpeller sur l'engagement concret de notre foi. Dieu mérite un hommage agréable et digne de ce nom. Nous devons aussi accomplir nos devoirs citoyens vis-à-vis de notre Etat démocratique. C'est le sens de la réponse que Jésus donne à la question de savoir si ses disciples doivent payer l'impôt ou non (Mt 22, 15-21).

Jésus se trouve face à ses adversaires, les partisans d'Hérode qui sont fidèles au pouvoir de l'occupant Romain ; Ils se joignent au complot des chefs religieux. Les uns et les autres ne supportent plus son message. Alors, ils se mettent d'accord pour lui poser la question : « Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? ». S'il répond oui, il sera traité comme un collaborateur qui trahit la cause de son pays. S'il répond non, il sera dénoncé comme un ennemi de l'empereur. Dans les deux cas, c'est le piège qui le conduira à sa condamnation et à sa mort.

Aussi tôt Jésus découvre leur hypocrisie parce qu'ils commencent par le flatter : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. ». Le reproche de Jésus ne tarde pas : « Hypocrites ! Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? », puis il donne sa réponse inattendue et claire : « Montrez-moi la monnaie de l'impôt », et il ajoute : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles » ? « De l'empereur César », répondent-ils. Puis il leur dit : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Le suspens est levé. Les détracteurs sont confondus.
Le piège tendu à Jésus est bien au-delà de la simple réponse par « oui » ou par « non ». En se présentant comme l'Envoyé du Père et porteur de la Bonne Nouvelle d'amour universel et de justice pour tous, les petits, les pauvres et les exclus, Jésus se fait ennemi commun des oppresseurs. Il  mécontente ses opposants arrogants et assis sur leurs aises. Son message les dérange. Voilà une interpellation pour nous les membres de L'Eglise  appelés à dénoncer toutes les formes d'injustices sociales, même si cela pourrait nous coûter des sacrifices. Mais qui est cette Eglise si ce n'est vous et moi, nous tous, qu'on soit de la  hiérarchie ou du commun des fidèles. L'essentiel c'est que nous nous efforcions d'être, chacun à son niveau, imitateur du Christ. Osons demander pardon pour les déclarations et les comportements indignes des membres de notre Eglise.
Toutefois, en dépit de nos erreurs humaines, notre foi chrétienne, aujourd'hui, ne cesse d'être piégée par ceux et celles qui ne veulent pas donner de la place à l'Evangile de Jésus-Christ.  Que des hommes et des femmes croyants en Dieu, engagés pour témoigner de leur foi dans notre monde capitaliste, sont persécutés. Leur engagement au service des plus pauvres les amène souvent à dénoncer les injustices, les magouilles et les violences. Malheureusement on fait tout pour les compromettre par des pressions ou par la manipulation médiatique. On n'hésite pas à les accuser d'actes qu'ils n'ont pas commis. Ainsi leur parole ne sera plus crédible ; ils seront donc mis hors circuit. Mais le Seigneur n'abandonne pas ses envoyés, car il nous rassure : « Ne crains pas, je suis avec toi. »
« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » A chacun son dû, dit-on autrement. C'est une question de justice. Quand on s'attaque aux plus faibles pour s'accaparer de leurs biens, on se détourne du message de l'Evangile. Si nous voulons être en accord avec le grand commandement de Jésus, il est indispensable de respecter les autres dans leurs personnes, leurs idées et leurs biens.
Dans nos rapports avec Dieu, avec son Eglise et avec nos gouvernants, il ne peut y avoir d'opposition radicale. En tant que citoyens, le chrétien doit être respectueux des lois de son pays. Mais César n'est pas Dieu. On n'a pas à lui rendre un culte. On n'a pas à lui obéir quand il s'attribue des droits qui n'appartiennent qu'à Dieu. Dans la Bible, nous lisons cette parole de Dieu : « Je suis le Seigneur et il n'y en a pas d'autre en dehors de moi. » ; et le Ps 95 dit : « Au Seigneur notre Dieu, tout honneur et toute gloire ». Puissions-nous nous imprégner de la présence de Dieu en développant la foi, l'espérance et la charité (1 Th 1, 1-5). Nourrissons-nous des grâces de la Sainte Eucharistie, convaincus que Dieu nous choisit et nous rend juste pour le servir en temps voulu à l'exemple du Roi Cyrus (Is 45, 1.4-6a).

Adolphe Bonyanga