REPAS POUR "LOKOLAMA" à la Petite Bergère à Freylange.

le 30 septembre à 12.30 heures.

Les bénéfices sont réservés au paiement du minerval des nécessiteux de Lokolama (800 élèves)

Apero - menu à base de produits saisonniers (potage, plat principal, Dessert), café.

Prix: 21€ ; enfant de moins de 12 ans: 10€

Merci de s'inscrire avant le 22 septembre chez Suzanne Wiame

(0472/883181 ou 063/219998 le soir SVP

Paiement au compte BE53 1941 1547 4153  de Suzanne Roosens.

en communication Lokolama + nbr de personnes.)


Homélie du dimanche 11 septembre 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du livre de Ben Sirac le Sage (27,30-28,7)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (14,7-9)
Evangile : selon saint Matthieu (18,21-35)

Parmi les valeurs et vertus qui peuvent retenir l'attention dans les extraits de la Bible prévus pour ce week-end, figurent sans nul doute le pardon et la solidarité. Il est question du pardon dans la 1ère lecture tirée du livre de Ben Sirac le Sage et dans l'évangile ; tandis que la 2ème lecture porte sur la solidarité. Bref, le pardon et la solidarité nous sont rappelés aujourd'hui comme sources de bénédictions divines et des expressions de la charité dont tout chrétien est appelé à témoigner à la suite de Jésus-Christ.

Pour montrer jusqu'à quel point Dieu invite l'humanité à se libérer de la spirale de la violence au moyen du pardon, le livre de Ben Sirac le Sage interpelle chacune et chacun de nous  en disant : « Ne garde pas de rancune envers le prochain ..., Pardonne à ton prochain le tort qu'il t'a fait..., Renonce à toute haine...». Quand on sait combien l'humain est enclin à rendre le mal par le mal -et que cette vengeance ne fait qu'augmenter la spirale de violence dans nos sociétés- quand on expérimente au quotidien combien il est difficile de vivre sans rancœur, alors on mesure toute l'actualité et la pertinence de cet appel au pardon.

Dans l'évangile, Jésus qui est venu nous révéler la plénitude de l'amour de Dieu, invite chacune et chacun de nous à pardonner sans limite, sans calcul. Car le pardon illimité est aussi une expression de l'amour évangélique. Jésus nous en donne l'exemple par excellence, car au moment de donner sa vie pour l'humanité comme preuve d'amour, il a pardonné à ses bourreaux avant de mourir sur la croix pour le pardon de nos péchés et de ressusciter pour notre salut.

Cependant, la fin de la parabole paraît contredire ce pardon illimité de Dieu. Car, le serviteur qui n'a pas pardonné à son débiteur perd le bénéfice du pardon de la part de son patron. On le sait, il y a là certainement une vérité de nos vies quotidiennes.  Dieu sait combien il nous est parfois difficile de pardonner. Ce n'est certainement pas Dieu qui cesse de pardonner. C'est nous qui gardons et entretenons des rancunes et même la haine envers les autres. Et la triste réalité ! C'est le fait que nous ne sommes pas assez lucides sur tous les pardons dont nous bénéficions aussi bien de la part de Dieu que des autres. C'est pourquoi la pointe de la parabole revient à inviter chacune et chacun de nous, d'une part à ouvrir son cœur pour recevoir l'abondance du pardon de Dieu qui est plein de miséricorde, et d'autre part à prolonger ce don divin en pardonnant sans limite.

Quant au second thème, à savoir la solidarité, l'apôtre de Paul y insiste en écrivant : « Nous appartenons au Seigneur. Aucun d'entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même ». Il s'agit d'attirer l'attention sur une  grande conviction qui traverse la Bible à savoir la solidarité très étroite qui nous unit les uns aux autres, à travers le temps et l'espace. Cette solidarité se fonde sur la paternité divine d'autant plus que Dieu est notre Père à nous tous. Il s'agit de la solidarité dans le Christ d'autant plus que l'humanité est tellement unie qu'elle ne fera plus qu'un en Jésus-Christ. Une humanité tellement unie qu'on pourra dire un jour qu'elle est ‘‘comme un seul homme''. Et cet homme, nous connaissons déjà son nom, il s'appelle Jésus-Christ.

Pour annoncer cet évangile du pardon illimité, l'Eglise a besoin des prêtres. Pour en avoir et les former, la solidarité en Jésus-Christ est de mise. C'est pourquoi, sans vouloir en abuser, je viens encore une fois de plus frapper à vos portes. C'est en vue de vous dire que la formation des futurs prêtres dont je m'occupe à Kikwit au Congo-Kinshasa ne peut pas encore se passer de vos gestes de solidarité. Tout en remerciant le doyen Jean-Marie pour cette initiative de solidarité et tout en vous remerciant pour vos généreuses contributions des années passées, je voudrais revenir sur ce que j'ai déjà dit. C'est pour vous permettre de saisir la pertinence et la nécessité de votre solidarité en faveur du Grand Séminaire de Théologie Saint-Cyprien de Kikwit.

La population de nos cinq diocèses du Bandundu qui est en grande majorité  paysanne, vit dans la pauvreté abjecte. La misère est là. C'est la débrouille et l'informel pour la survie. Dans nos milieux ruraux, nos  gens vivent de l'économie de subsistance. Il s'agit des produits de leurs champs, leurs élevages, de leurs chasses, de leurs pêches, etc. En général, ils se lèvent tôt le matin pour rentrer tard le soir. Pour effectuer tous ces travaux, ils dépensent plus de calories qu'ils en consomment. Pire, les produits de leurs labeurs ne leur permettent pas de manger à leur faim ni de faire étudier les enfants. Par conséquent, les enfants de la rue, la prostitution, le vol et d'autres antivaleurs battent le record ; la malaria et d'autres épidémies tuent sans pitié. Malgré leur bonne volonté, il nous est difficile de compter sur les contributions des chrétiens de nos cinq diocèses. Il en est de même des familles des séminaristes qui éprouvent des réelles difficultés pour payer 45€ par an, alors que les frais annuels du fonctionnement d'un séminariste reviennent à 1250€.

Quant à nous-mêmes les pensionnaires du Séminaire, nous ne baissons pas les bras. Avec les 102 étudiants de l'année académique 2010-2011, nous avons continué à retrousser les manches pour travailler de nos mains. En témoignent quelques unités d'autofinancement afin de faire face à la sécurité alimentaire : les jardins potagers, les champs de manioc, de maïs, d'ananas, de haricots, d'arachides... ; l'élevage des chèvres, des vaches, des lapins, des poules, etc. Malgré la bonne volonté et les efforts déployés, les longues vacances de plus de trois mois que nous impose la conjoncture du Congo-Kinshasa nous obligent à suspendre certaines activités pour les reprendre plus tard. C'est souvent à nos risques et périls. Bien plus, la flambée des prix qui défie nos prévisions budgétaires nous inflige la sanction de clôturer l'année académique plutôt que prévu. Bref, nous ne pouvons pas encore compter sur nos propres ressources pour nous prendre nous-mêmes en charge.

Pour que l'œuvre du Seigneur d'annoncer l'évangile d'amour et du pardon ne puisse pas disparaître, permettez-moi d'en appeler à vos gestes généreux de solidarité. Je vous assure que votre solidarité contribue à nous encourager et à nous soutenir dans le noble et passionné ministère de la formation des futurs prêtres à Kikwit pour le compte de nos cinq diocèses du Bandundu au Congo-Kinshasa. Vous pouvez compter sur les humbles prières régulières de nos séminaristes et de leurs prêtres formateurs. Que chacun de vos gestes soit une source intarissable de bénédictions divines pour vous-mêmes et vos chères familles !

Abbé Albert KENKFUNI - Directeur du Grand Séminaire de Kikwit (Congo)