Homélie du dimanche 4 septembre 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du livre d'Ezékiel (33,7-9)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (13,8-10)
Evangile : selon saint Matthieu (18,15-20)

"Frères, ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l'amour mutuel, car celui qui aime les autres a parfaitement accompli la Loi", écrivait l'apôtre Paul aux chrétiens de Rome. Et Jésus lui-même, dans la page d'Evangile entendue à l'instant creuse encore davantage le mystère de la charité : "quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux".

Voilà des paroles simples, fortes et claires qui ont pu nourrir bien des générations de chrétiens et qui nous sont offerts à nous aussi, avec une heureuse coïncidence en ce dimanche de rentrée paroissiale, pour relire notre vie, réajuster la qualité de nos relations fraternelles et de notre vie communautaire... même quand elle se limite à deux ou trois...

C'est par le fil de la Parole de Dieu méditée et échangée et de la prière partagée que se tisse la plus simple expression locale de l'Eglise. C'est également vrai, au dire de Jésus, dans le pardon et la correction fraternelle. C'est là que se vit en vérité le lien le plus fort entre prière et charité. N'est-ce pas dans la prière que nous puisons la force de dépasser nos rancunes, nos jalousies, nos mesquineries.

Voilà des mots d'autant plus importants à entendre que les prêtres se font rares... et que certaines paroisses deviennent bien maigres, peu "porteuses", peu vivantes. Il faut croire à la force de la parole de Jésus. Quand deux ou trois se réunissent en son nom, l'Eglise existe, le Christ est vivant, le mystère de sa charité peut être manifesté, rendu visible. Alors, même à deux ou trois, croyons à la force de Dieu !

Oui, voilà des mots qui donnent du poids à des réalités aussi simples et belles que nos familles, ces petites cellules d'Eglise. Quelle belle mission que la leur : faire exister l'Eglise, rendre le Christ présent dans la prière partagée tout simplement, dans l'encouragement et la correction fraternels, ainsi que dans le pardon toujours redonné. N'est-ce pas aussi tout le sens des mouvements de jeunesse d'inspiration chrétienne, des équipes de foyers et des différentes équipes de réflexion sur notre vie à la lumière de l'Evangile. Je pense encore à ces groupes de partage sur l'Evangile de Marc que nous espérons bien voir naître dans les prochaines semaines.

Parler de correction fraternelle, cela nous met sans doute mal à l'aise. De quel droit, moi qui suis aussi faible et pécheur, je puis aller trouver mon frère pour le reprendre. Délicat ? Oui, sans doute... et pourtant quelle catastrophe plus grande encore quand on laisse les couples et les communautés s'étioler dans l'indifférence, quand on se tait face au mal, quand on n'ose plus parler de péché, le dénoncer... et laisser Dieu le pardonner.

La charité fraternelle va jusque là : aider son frère à rester fidèle, l'aider à se redresser si nécessaire, à retrouver la joie de Dieu. Ici encore, le rôle et la mission des familles est irremplaçable.

Je fais de toi, dit Dieu à Ezékiel, un guetteur pour la maison d'Israël, celui qui prévient du danger. Aujourd'hui encore, Dieu interpelle son Eglise, même les plus petites cellules et il fait publier cette annonce : il engage des portiers de nuit pour baliser la route du monde. Pour cette mission, Dieu engage. Qu'est-ce que tu en dis ?

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin