La Saint-Vincent de Paul recherche des vêtements d'hiver propres et en bon état à donner pour enfants ou adultes.

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Homélie du dimanche 28 août 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du livre de Jérémie (20,7-9)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (12,1-2)
Evangile : selon saint Matthieu (16,21-27)

Devant l'annonce du Christ de sa souffrance imminente, Pierre s'écrit : « Dieu t'en garde, Seigneur ! » Mt. 16,22

Derrière ce cri de Pierre, face à la souffrance humaine, il y a notre cri à tous. Qui n'a jamais été scandalisé par sa propre souffrance ou celle d'un proche, par exemple ?! Surtout dans une société où le critère pour juger la qualité d'une vie est souvent le plaisir. Il faut être de « bons vivants » et se faire plaisir, dirions-nous par ici.

Entendez-moi bien, je ne suis pas contre le plaisir. Bien au contraire. Si Dieu le premier a souhaité que l'homme éprouve du plaisir, à tel point qu'il a voulu associer le plaisir aux grands besoins vitaux de l'être humain, comme celui de se nourrir ou celui de se reproduire, c'est que ce doit être bon d'éprouver du plaisir. Je dirai même... très bon. Mais attention à ne pas en faire un but en soi, à en faire sa raison de vivre !

En effet, ce que nous savons par la Révélation, c'est que Dieu souhaite notre bonheur. C'est certain. Mais nous savons aussi que, pour la foi chrétienne, le bonheur ne chemine pas forcement de pair avec la notion de plaisir. Notre véritable bonheur se trouve dans notre capacité à aimer et à rentrer en communion avec l'autre. Et tous ceux parmis nous qui ont fait l'expérience d'aimer vraiment, savent que chercher cette communion des âmes comporte une souffrance : celle de se décentrer de soi, de mourir un peu à soi-même, à son égoïsme, à sa paresse, à sa tranquillité, à sa manière de voir les choses, pour aller à la rencontre de la personne que nous aimons, et l'accueillir non pas parfaite, mais avec ses tentations à elle d'égoïsme, de paresse, d'orgueil...

Le problème est que, si j'associe dans ma tête plaisir et bonheur, et que pour moi, le contraire du plaisir, c'est la souffrance ; alors pour être heureux, je vais forcement refuser à priori toute forme de souffrance. Même celles qui sont liées à l'amour ! Du coup, sans m'en rendre compte, je risque de chercher toute ma vie à être heureux, à éprouver du bonheur, et à me retrouver à ne courir en fait qu'après le plaisir, sans jamais connaître le véritable bonheur qu'est l'amour.

Le Christ, en allant à Jérusalem offrir sa vie par amour pour nous, est en train de rappeler à Pierre ainsi qu'à nous tous, que le véritable bonheur, ne consiste pas en l'absence de souffrance mais plutôt en la présence d'amour. Par là, il veut nous sauver d'une vision très plate et très réductrice du bonheur. Je pense par exemple à la femme enceinte. L'accouchement est une souffrance terrible pour elle, mais ce qui lui permet de donner du sens à cette souffrance c'est que cette souffrance est en vue d'une naissance, celle de son petit enfant. L'amour pour son enfant donne une toute autre dimension à sa souffrance.

Comprenons alors que dans notre vie ce qui nous rend tristes, malheureux, ce n'est pas la souffrance en soi mais la peur de souffrir ; c'est-à-dire la peur de ne pas être heureux. C'est ça qui nous empêche d'aimer et de nous donner.

Arrêtons alors de contempler uniquement notre petit nombril en cherchant notre plaisir à tout prix. Levons le regard vers l'autre, vers la personne qui se tient devant nous. Le rêve de Dieu, c'est que nous nous épanouissions dans le bonheur d'aimer. Et cela, indépendamment du fait que ce bonheur puisse passer par le plaisir ou voir même... par la souffrance.

Je crois que c'est saint Augustin, dont aujourd'hui c'est la fête, qui disait : « Que celui qui n'a jamais souffert se demande s'il a déjà aimé ». Du coup, est-ce que dans la vie il ne vaut pas mieux avoir souffert par amour, plutôt que de ne jamais avoir aimé, par peur de souffrir !?

Je laisse à chacun le soin de répondre à cette question.

Abbé Pietro CASTRONOVO - Vicaire à Saint-Martin