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Homélie du dimanche 21 août 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du livre d'Isaïe (22,19-23)
2ème lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (11,33-36)
Evangile : selon saint Matthieu (16,13-20)

On peut se poser la question : "Qu'est-ce que les contemporains de Jésus pensaient de lui ?"... mais une autre aussi : "Qu'est-ce que nos contemporains pensent de lui ?"... et encore : "Et nous, vous, moi, qu'est-ce qu'on a à dire de lui ?"

L'opinion publique, en effet, a quelque chose à dire là-dessus. Jésus n'est pas une propriété privée, ni même un joyau propre aux chrétiens. Lui-même accepte que la foule l'appréhende diversement. La foule de son temps parle de lui. Et pas nécessairement pour dire des bêtises. Ils vont chercher des références dans leur histoire sainte, dans leur patrimoine spirituel ou dans l'actualité religieuse du moment : "Tu es Jean-Baptiste". Pour d'autres : Elie ou Jérémie ou l'un des prophètes.

Aujourd'hui encore, bon nombre de nos contemporains situent Jésus à une place honorable des références morales et spirituelles de l'humanité. "Quelqu'un qui a fait avancer la conscience de l'humanité..." ou encore - comme disait à une soirée de préparation au baptême, un couple de jeunes parents - "quelqu'un qui nous permet de proposer des valeurs à nos enfants".

De la part des disciples d'hier et des chrétiens d'aujourd'hui, Jésus attend une autre réponse. Il repose la question avec insistance. Il attend une réponse qui sorte des profondeurs du cœur, une réponse d'adhésion, une réponse qui crée une relation vitale et qui fonde un corps, le corps de l'Eglise, une réponse qui engage un choix de vie et une solidarité - un vécu même - avec les autres disciples.

Frères et sœurs, la question n'est pas périphérique. Elle devient cruciale dans l'Eglise de notre temps. Elle engage l'avenir de la foi chrétienne pour le troisième millénaire. Pour vous comme pour moi, frères chrétiens, quelle est la profondeur de la réponse que nous donnons à Jésus-Christ ?

La question de la profondeur de la foi chrétienne - ou inversement de la superficialité de la foi - de beaucoup aujourd'hui me préoccupe sérieusement... Et je ne suis pas le seul ! Bernard, un confrère curé dans l'Ardenne profonde me partageait avant-hier la même inquiétude : "Non seulement la pratique religieuse s'effondre - me disait-il - mais plus grave encore la foi de beaucoup (dans la jeune génération particulièrement) n'a plus de contenu.

Bien des réponses à la question de Jésus sont des réponses "de foule", un choix de valeurs plus qu'une adhésion vraie à la personne de Jésus, à son évangile, à son Eglise. Nombre de nos contemporains semblent souvent se contenter d'un verni religieux, souvent prêts à tous les amalgames.

Elever la foi chrétienne au-delà de l'anecdotique et du conformisme social est sans doute le plus grand défi de l'Eglise et des chrétiens d'Occident dans les prochaines années. Donner une consistance à notre profession de foi et l'incarner dans de vrais engagements de vie. Je vous souhaite de tout cœur de pouvoir réfléchir à la question et d'y donner une réponse personnelle... et en même temps d'aider, à votre niveau, notre communauté à accompagner cette question et à y répondre par une formation et une spiritualité appropriées.

Dans quelques jours, à la rentrée, de nouvelles propositions vous seront faites. Déjà merci de les accueillir !

Approfondir notre foi au Christ, personnellement ou avec d'autres, ce n'est pas seulement une démarche spirituelle enrichissante pour vous-mêmes, c'est aussi une nécessité absolue pour la transmettre aux jeunes générations.

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin