Nous avons le plaisir de vous communiquer le lien vers la vidéo du spectacle « En Chemin » à l'église Saint-Martin sur YouTube (version complète - 1h10)
Homélie du dimanche 7 août 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du premier livre des Rois (19,9a.11-13a)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux  Romains (9,1-5)
Evangile : selon saint Matthieu (14,22-33)

Après la multiplication des pains - qui était l'événement relaté par l'Evangile de dimanche dernier - on pourrait se dire que le grand soir est arrivé pour l'humanité : il y a eu du pain pour tout le monde ! Le règne de Dieu est là ! Que ce soit dans la vie courante, comme dans la vie de l'Eglise, lorsque l'on réussit de belles manifestations, on peut vite être tenté par un triomphalisme un peu rapide !... C'est sans doute pour éviter cette tentation d'un messianisme facile que, ce soir-là, Jésus a renvoyé les disciples et les foules euphoriques !

Quant à Jésus, il se retire dans la montagne, à l'écart, pour prier seul. L'Evangile n'en dit pas plus, mais c'est très éloquent. Dans toute la tradition biblique, la montagne est un lieu privilégié de la rencontre de Dieu. Mais, n'est-ce pas aussi notre expérience de vacances : la montagne et la mer, ce ne sont ni les mêmes distractions, ni les mêmes sentiments, ni les mêmes émotions. La montagne conduit spontanément à l'intériorité et au spirituel. Comme Moïse et Elie (dont il était question dan la première lecture), Jésus se met à l'écoute de la montagne... et de Dieu. Si Dieu parle parfois à l'homme dans le tonnerre et dans le feu, il parle aussi dans le murmure d'une brise légère.

Alors que Jésus part à la montagne, les disciples, eux, sont expédiés à la mer, sur la mer, en barque... entre les lignes nous pouvons lire : la barque de l'Eglise. Elle est terriblement secouée par la mer déchaînée ! Dans la Bible, la mer est le séjour des puissances du Mal. C'est le lieu de l'agitation, où les forces du Mal se déchaînent. La barque est battue par les vagues, comme la vie des chrétiens affrontés à toutes sortes de désarrois, de désespérances, de "vents contraires". Va-t-on pouvoir s'en sortir ? Remarquons que le texte évangélique est très sobre à ce sujet : il est loin de s'apitoyer sur le sort des disciples... Le monde c'est le lieu de la foi, là où elle doit être vécue... et non à l'abri, dans une serre chaude !

"Vers la fin de la nuit, note ensuite Matthieu - c'est-à-dire à l'heure où les angoisses et les combats s'apaisent - Jésus vint vers eux en marchant sur la mer." Voici comme un parfum d'annonce de la résurrection ! La fin de la nuit, c'est le petit matin de Pâques et la fin de la mort.

Jésus marche sur la mer en vainqueur du Mal ! L'homme de la montagne, illuminé de la rencontre avec Dieu, vient vers eux comme il viendra, soudainement, vers ses disciples au Cénacle, dans le jardin, ou sur la route d'Emmaüs. Ici comme là, ils ne le reconnaissent pas, ils croient voir un fantôme.

"N'ayez pas peur ! C'est moi." Ce sont les mêmes paroles que le Ressuscité dira pour les rassurer quand il se montrera à ses amis. Et Pierre va parcourir le chemin de la foi : "Seigneur, si c'est bien toi... sauve-moi... Vraiment tu es le Fils de Dieu !"

Croire, oser croire, c'est marcher avec confiance sur les eaux du désarroi, du doute, de la critique... en un mot, du mal qui nous guette chacun, quel que soit notre âge.... Quand Pierre regarde Jésus et met en lui sa confiance, il avance. Quand il regarde le vent contraire et qu'il prend peur, il s'enfonce.

L'Eglise d'aujourd'hui traverse particulièrement des eaux tumultueuses. Ce n'est pas en rivalisant avec les vagues tonitruantes du monde qu'elle vaincra. C'est en regardant intensément son Seigneur qui lui dit "viens" et en allant vers lui sans crainte.

Nous, les chrétiens, nous sommes au quotidien des hommes de la mer, c'est là qu'il nous faut vivre notre foi. Mais régulièrement, comme Jésus, il est essentiel et indispensable de prendre des moments pour vivre des cures de montagne,... pour nous ressourcer et faire le plein de Dieu !

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin