Et les travaux  à St Martin ?

La restauration des bas-côtés situés au N-E se termine. Les travaux de charpente et de toiture sont finis. Les pierres sont nettoyées. Les échafaudages sont en grande partie démontés.

Nous pouvons apprécier, de la rue,  le travail réalisé.

Le baptistère a également reçu un sérieux lifting : nouvelle toiture, pierres nettoyées y compris le replacement de 3 pierres de la balustrade.

Les échafaudages vont bientôt être enlevés. Les travaux d'égouttage vont ensuite commencer.

Dans l'ombre,  des travaux ont également lieu comme des travaux de menuiserie et de rejointoiement dans les combles, débloquer des portes, peinture, ...

La tranche 3 de ce 2e marché commence après les congés. Elle correspond à la restauration des bas-côtés Sud.

L'étude du marché 3 est aussi bien avancée. Il consiste en la restauration de la flèche de croisée. Les plans de montage de l'échafaudage sont terminés. La flèche pourra être démontée !


Homélie du dimanche 31 juillet 2011- texte corrigé PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du livre d'Isaïe (55,1-3)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (8,35.37-39)
Evangile : selon saint Matthieu (14,13-21)


« Tous mangerent à leur faim »  Mt.14,20

Ce dimanche, par cet évangile de la multiplication des pains, le Seigneur vient nous interpeller très sérieusement sur notre ‘‘faim'' la plus intime. Qu'est-ce qui nous fait vivre aujourd'hui ? De quoi avons-nous vraiment besoin pour que notre vie prenne -ou reprenne- tout son sens, tout son goût ?

La Foi nous révèle que notre besoin le plus vital, ce qui oxygène en profondeur les cellules de notre cœur, c'est le besoin d'amour. Nous l'avons dit tant de fois.

Et s'il est vrai que tous nous cherchons à être aimé, de l'enfant au vieillard, c'est vrai aussi que ce qui fera que dans notre vie nous nous sentirons vraiment comblés, rassasiés, ne sera pas tant le fait de se savoir aimés que le fait de répondre du mieux possible à notre besoin d'aimer. Parce qu'au final, entendons-le, notre véritable besoin, le plus épanouissant, c'est de nous savoir aimants. Encore plus que de nous savoir aimés !

En effet, quand on est aimé, on se sent vivants dans le regard de la personne qui nous aime ; mais ce n'est que quand on aime qu'on se sent pleinement vivre, à nos propres yeux. C'est à ce moment là qu'on arrête d'être spectateurs de notre vie et qu'on en devient pleinement acteur. Notre mérite sera alors de faire de notre sentiment amoureux une décision libre et responsable. Plus simplement une pulsion, mais désormais un choix !

Voilà pourquoi, à un moment donné, le Seigneur dira à ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » Mt.14,16. Il ne se contente pas de nourrir leur faim ; il leur donne les moyens pour qu'eux-mêmes, à leur tour, nourrissent la faim de tant d'autres personnes.

En tant que décision, l'amour, ça s'apprend. D'ailleurs, si les Pères de l'Eglise ont vu dans ce passage de la multiplication des pains une préfiguration de l'eucharistie, c'est parce que le Seigneur a voulu que l'eucharistie soit ce lieu privilégié où nous puissions apprendre à aimer.

Prenons, si vous voulez bien, la grille de lecture de Gary Chapman, un conseiller conjugal américain dont je vous ai déjà parlé dans le passé. Le mérite de cet homme est d'avoir constaté qu'il y a plusieurs moyens de dire l'amour ; plusieurs ‘‘langages''. Plus précisément cinq. Il y a le langage des paroles valorisantes, celui de moments de qualités, le toucher, les services rendus et les cadeaux. Si nous relisons l'eucharistie avec cette clé de lecture, nous pourrons voir que dans l'eucharistie Dieu nous rejoint par tous ces langages d'amour.

Au cours de la messe, pour ceux qui seraient plus sensibles aux paroles valorisantes, Dieu vient leur dire son amour par la liturgie de la Parole. Et plus particulièrement par la proclamation de l'évangile. C'est cette bonne nouvelle qui nous éclaire, qui nous relève et qui nous encourage à avancer vers la vie et vers son accomplissement.

Mais nous ne sommes pas tous forcément très sensibles à ce langage particulier qui est celui des paroles valorisantes. Il y a ceux, par exemple, qui sont plus réceptifs aux moments de qualité. Du coup, le Seigneur nous offre, dans l'eucharistie, une occasion privilégiée de vie communautaire. L'échange de la paix est là pour nous le rappeler : l'eucharistie n'est pas au service d'un perfectionnisme personnel et individualiste, mais plutôt au service d'une sanctification qui se vit particulièrement sur le plan communautaire et relationnel.

Ensuite il y a ceux qui sont plus dans le toucher. C'est pourquoi, le Christ se fait bout de pain, hostie. Il nous demande, par là, de le toucher, de le goûter, de l'accueillir en nous, d'en être habités. Le Christ, dans ce signe du pain, choisi de vivre son incarnation autrement qu'il y a deux mille ans. Cela pour venir nous rencontrer et nous rejoindre encore aujourd'hui, et jusqu'au plus intime de notre corporéité.

Mais il y a aussi ceux qui ne se sentiront vraiment aimés qu'à partir du moment où on les rejoindra en leur rendant service. Et le plus beau service que le Christ peut nous rendre, c'est de nous pardonner nos péchés. En effet, par son pardon, le Christ nous libère de tout ce qui nous renferme encore sur un passé peut-être lourd à porter et qui continu à nous marquer et à conditionner notre futur. Voilà alors le sens du Kyrie en début de célébration.

Et enfin, pour ceux qui se sentent aimés à partir des cadeaux qu'ils reçoivent, le Christ leur offre, dans le sacrement de l'eucharistie, le plus beau des cadeaux : son propre esprit, l'Esprit Saint. Pourquoi est-ce le plus beau des cadeaux ? Parce que, par là, le Christ nous offre la possibilité de vaincre toutes nos résistances et nous ouvrir aux autres. Du coup, nous pouvons enfin aimer librement et ainsi goûter déjà au bonheur du paradis !

Voilà pourquoi nous pouvons comprendre que l'eucharistie est le lieu privilégié que Dieu a choisi pour nous dire et redire son amour.

Vous vous rappelez, par exemple, la fois où je vous ai parlé du miracle eucharistique de Lanciano, en Italie ?

Il y a 1300 ans, au cours d'une messe, l'hostie consacrée était devenue chair humaine et le vin s'était transformé en sang. Récemment, les examens ont démontré que la chair en question n'est autre chose qu'une tranche de cœur humain. Et les analyses sur le sang montrent que ce sang n'est pas mort ou momifié mais qu'il présente encore aujourd'hui toutes les caractéristiques d'un sang frais. Et cela après tous ces siècles !

Je ne vais pas vous refaire une homélie sur ça, mais juste considérer que cette tranche de cœur humain est là pour nous rappeler que Dieu nous a aimés de tout son cœur ; et ce sang encore vivant, nous confirme que son amour pour nous n'est pas un amour du passé mais qu'en chaque eucharistie, Dieu vient nous renouveler son « Je t'aime ! ».

Nous avons dit alors que l'amour ça s'apprend. Et bien, pour nous ouvrir au bonheur d'aimer et de rassasier le cœur de tant d'hommes et de femmes affamés, laissons dans cette eucharistie le Seigneur venir nous aimer « à notre faim » !

Abbé Pietro CASTRONOVO - Vicaire à Saint-Martin