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Homélie du dimanche 3 juillet 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du livre de Zacharie (9,9-10)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (8,9.11-13)
Evangile : selon saint Matthieu (11,25-30)

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger » Mt.11, 28-30

Nous savons tous, hélas, que la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Des fardeaux nous en avons tous portés, cette année-ci. Et parfois de très lourds. Je pense au fardeau du chômage, pour certains ; celui d'une maladie, pour d'autres ; le harcèlement sur le lieu du travail, les incompréhensions au sein du couple, les soucis dans la relation avec les enfants, l'épreuve de la solitude, la trahison d'un ami, la calomnie, des choix difficiles à prendre... Il y en a même parmi nous, qui en ont cumulés plusieurs.

Ce qui est intéressant ce dimanche, c'est que si nous restons dans la symbolique du joug proposée par le Christ dans l'évangile de ce matin, alors nous pourrions représenter nos fardeaux par l'image de la ‘‘charrue''. Pourquoi la charrue ? Parce que comme la charrue est là pour retourner la terre et la préparer à accueillir la vie, nos fardeaux sont là aussi pour ‘‘retourner notre terre'', c'est-à-dire pour nous secouer dans nos habitudes, dans nos routines, pour nous remettre en question. Mais dans le cas de nos fardeaux, il est déjà beaucoup moins évident d'arriver à croire qu'ils nous préparent à une transformation intérieure, à une renaissance. Sur le moment-même, en effet, on ne voit que la terre retournée, et non pas la semence que cette terre peut désormais accueillir.

Toutefois, il reste à savoir si c'est vraiment la charrue qui épuise le plus notre énergie, car trop lourde à porter, ou plutôt le joug que nous avons choisi qui n'est pas vraiment adapté pour la tirer ?! En d'autres termes, nous pourrions dire que si la charrue représente notre fardeau, notre souci, notre préoccupation principale, d'autre part le joug serait l'attitude que nous avons choisi pour faire face à cette préoccupation.

Il y en a parmi nous, qui, face à des situations difficiles, choisissent, par exemple, de garder sur eux le joug de la rancune, de nourrir le joug de la vengeance, de trainer le joug de la colère, de la violence, de la médisance ; ou encore, de laisser place au joug du découragement, de la tristesse, de la méfiance, voir de la culpabilité, ou que sais-je...

Il est vraiment important alors, ce matin, de prendre conscience de nos réactions face à ce que d'habitude nous considérons à priori comme des injustices. Comment réagissons-nous, par exemple, quand nous nous sentons abusés par les circonstances de la vie ? Quel joug choisissons-nous pour porter ce fardeau ?

Pourquoi cette question ? Parce qu'il est temps de réaliser que même si peut-être nous ne pouvons rien changer à l'épreuve que nous traversons - d'où la tentation d'en vouloir au monde entier ou de baisser les bras - par contre, là où nous pouvons encore avoir du contrôle, c'est justement par rapport à notre attitude intérieure face à cette épreuve.

Laissons alors le Christ parler en nous ; il nous dit ce matin : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos ». Par là, le Seigneur nous dit une chose très sérieuse. Il nous dit qu'il n'est pas venu pour nous débarrasser de nos fardeaux, mais pour les porter avec nous. Parce que l'épreuve est là pour nous rendre plus fort, pour nous ancrer davantage dans une certaine maturité d'amour. Toute la question est de savoir si nous laissons vraiment le Christ porter avec nous notre fardeau, en choisissant de quitter notre propre joug pour mettre notre tête sous son joug à lui.

Et quel est son joug ? Quelle est son attitude à lui face à l'épreuve ? Il le dit lui-même : « devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur ». Tant que nous choisirons de nous faire justice par nous-mêmes, à travers la violence et l'orgueil, alors notre joug sera très lourd, parce que nous nous retrouverons seuls à le porter. Tandis que si nous choisissons de prendre comme critère la douceur et l'humilité, alors ce joug nous le partagerons avec le Christ lui-même, et il sera bien plus léger !

Si vous préférez une autre image pour comprendre le sens de cette interpellation du Christ, je vais vous partager une expérience personnelle. Quand j'ai commencé mon stage de diaconat, à Jambes, il y a déjà huit ans, j'ai trouvé sur la porte de ma chambre, au presbytère, une carte postale. L'image qui était représentée sur cette carte était celle d'un jeune, debout sur une planche-à-voile. L'inscription en bas de cette image disait : « Tu ne peux pas contrôler le vent, mais ce que tu peux faire, c'est orienter tes voiles ! ». Là, j'ai compris que la vie nous réserve des vents parfois contraires. Mais plutôt que de râler sur le vent ou de laisser tomber la voile en mer, nous pouvons choisir de bien orienter nos voiles. C'est alors seulement que nous pourrons remonter le vent.

Comprenons alors que le repos que le Christ nous promet n'est pas une absence de vent. Le repos, le vrai repos, est l'expérience de celui qui arrête de lutter contre le vent et qui décide de se laisser porter par le vent en orientant ses voiles. C'est très différent ! Laissons alors que ce soient la douceur et l'humilité qui orientent notre vie. Que dans nos choix à faire, dans nos décisions à prendre, ce soient elles nos critères ultimes.

Et au début de ces vacances d'été, j'ai envie de vous souhaiter à tous : « Bon vent ». Et si ce n'était pas le cas, alors il ne nous reste ...qu'à orienter nos voiles !

Abbé Pietro CASTRONOVO - Vicaire de Saint-Martin