Des nouvelles du projet  de solidarité avec Lokolama au Congo

C'est en 2007, à l'occasion du centenaire du début de la construction de notre église Saint-Martin, qu'est né, à l'instigation de notre Doyen Jean-Marie JADOT, le projet de solidarité "PARTENARIAT IBANGA" dont l'objectif était de construire un Centre de Santé à Lokolama. Lokolama se trouve en pleine forêt tropicale de la République démocratique du Congo, dans l'actuelle province de Mai-Ndombe, province dont le chef-lieu est Inongo sur le lac Léopold II.

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Homélie du dimanche 26 juin 2011 - Corps et Sang du Christ PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du livre du Deutéronome (8,2-3.14b-16a)
2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (10,16-17)
Evangile : selon saint Jean (6,51-58)

A chaque messe, nous sommes tous invités à nous nourrir de la Parole et du corps du Christ. C'est la raison de la fête du Saint-Sacrement que nous fêtons aujourd'hui. Jésus vient à nous. Il continue à nous avertir : « Si vous ne mangez pas ma chair et si vous ne buvez pas mon sang, vous n'aurez pas la vie en vous ». Dans la Bible, ce mot « chair » désigne Jésus tout entier, à la fois « homme et Dieu ». Il nous fait vivre de sa vie divine. C'est pour cela que Jésus a pu dire : « Celui qui me mange, vivra par moi ». Autrement dit, « celui qui partage ma vie divine, vivra par moi ». Nous n'aurons jamais fini de rendre grâce pour un si grand cadeau : être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité.

Un cadeau, car le mot « Eucharistie », d'origine grecque, signifie « merci » ou « action de grâce ». Pour fêter la libération de l'esclavage d'Égypte, les Hébreux célébraient Pâque avec le pain azyme, non fermenté (comme l'hostie). La première lecture rappelle « le pain de Pâque » et la sortie d'Egypte en ces termes : « N'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. C'est lui qui t'a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant ». Ou encore, « souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ». L'Eucharistie est une action de grâce de toutes les petites « mers rouges » de la vie que Dieu nous fait traverser tous les jours (Augustin Mbandahe).

L'eucharistie comme action de grâce, me rappelle les moments inoubliables avec un confrère congolais Léonard Kamalebo à Kalole (en RDC), après avoir passé deux ans dans la brousse, et donc sans eucharistie ou à Sola avec le Père Waterkeyn , ou encore à Matiri avec le Père italien Jean-Pierre. Oui, « la messe est comme un rendez-vous avec un ami », ou comme une invitation à un anniversaire, nous disait un ex-prisonnier (Clairefontaine, 2010). Mais avec le Christ, l'enjeu est autrement plus important. Le repas qu'il nous offre est une anticipation des noces éternelles avec l'humanité. Dans la Bible, il est très souvent question de nourriture. Les évangiles nous montrent souvent Jésus prenant part à un repas. L'évangile de ce dimanche fait suite à la multiplication des pains. Jésus vient de nourrir toute une foule ; et il essaie de lui révéler le véritable sens de ce signe. L'Eucharistie n'a de sens que comme nourriture de vie. D'où le terme, « Pain de la Parole ».

Le pain est, dans plusieurs pays, le signe du Moyen de subsistance. Le pain, en Hébreux, signifie d'abord « don de Dieu ». Il est pour l'homme une source de force, un moyen de subsister si essentiel que manquer de pain, c'est manquer de tout ! Nous le disons dans la prière du Notre Père, où le pain semble-t-il résumer tous les dons qui nous sont nécessaires. Le vin, à son tour, est le symbole de la fête, élément essentiel dans les rencontres de fête, de mariages et de la réconciliation entre familles et amis.

Bien plus, le soir du Jeudi Saint, le pain et le vin ont été pris pour signes du plus grand des dons : « Prenez, ceci est mon corps,... ceci est mon sang » (Mc 14,22). L'Eucharistie nous offre une relation intime, personnelle avec le Christ. D'autre part, le pain est destiné à être partagé. C'est l'agapè ! Tout repas suppose une rencontre et une communion. Manger régulièrement le pain avec quelqu'un, c'est être son ami, son intime. Dans plusieurs cultures, offrir le pain est signe d'hospitalité, en particulier à la veille du Yôm Kippour, ... partager le pain avec le pauvre et l'affamé (Pr 22 ; Ez 18,7; Ez 18,16 ; Jb 31,17 ; Is 58,7 ; Tb 4,16).

Dans l'Église chrétienne,  la « fraction du pain » désigne enfin le rite eucharistique en faveur de tous (rompre le pain) : « Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain » (Ac 2,42). Ce dimanche de la « Fête-Dieu » nous rappelle aussi que le pain est fait pour être partagé. Nous avons tous part à un seul pain. Le Corps du Seigneur devient la source même de l'unité de l'Église (1Co 10,1). La coupe d'action de grâce que nous bénissons, est communion au Christ. Le pain que nous partageons, est communion au corps du Christ. La multitude que nous sommes est un seul corps. Puisqu'il n'y a qu'un seul pain.

La présence du Christ dans l'Eucharistie fait partie de notre foi. Jésus a voulu nous laisser sa présence sous la forme d'un repas. Il est le Pain descendu du ciel. Sa Parole nous éclaire et nous fait vivre : « si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Pour tenir bon sur notre route, nous avons besoin de forces neuves (Baudouin Waterkeyn lors de ses 5O ans de sacerdoce). Accueillons Jésus qui se donne à nous comme nourriture. Il nous montre le chemin à suivre et le but à atteindre « pour que le monde ait la vie ».

Abbé Joseph SAGAHUTU - Vicaire à Saint-Martin