Homélie du dimanche 5 juin 2011 - 7ème dimanche de Pâques PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du livre des Actes des Apôtres (1,12-14)
2ème lecture : de la première lettre de saint Pierre Apôtre (4,13-16)
Evangile : selon saint Jean (17,1b-11a)

Les apôtres, après avoir vu Jésus s'en aller vers le ciel, retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem. Ils montèrent à l'étage de la maison, et s'enfermèrent, par peur d'être poursuivis (1ère lecture). Cinquante jours plus tard, les apôtres n'ont plus peur. La force de l'Esprit de Dieu a vaincu leur découragement et les pousse à parler ouvertement à la place de Jésus. C'est vrai qu'à la Pentecôte, le Fils glorifie le Père, et le Père glorifie son Fils.

L'histoire de l'Eglise nous rappelle que beaucoup de disciples ont communié aux souffrances du Christ par le martyre. La lettre de Pierre (2ème lecture) souligne cet état de fait. Elle était adressée à des chrétiens persécutés, méprisés et accusés de tous les maux par leurs voisins non croyants. Il s'agit alors de communautés chrétiennes dispersées dans les régions du nord et de l'est de l'Asie Mineure, la Turquie actuelle. Nous comprenons pourquoi l'apôtre Pierre leur exhorte à s'entraider mutuellement et à garder courage dans la « communion » aux souffrances du Christ : « Si l'on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous ».

Comme les disciples, nous sommes dans l'attente de la fête de Pentecôte, nous rappelant l'Esprit de Dieu répandu sur tout l'univers. Mais nous remarquons que dans l'évangile de ce dimanche, Jésus est à la veille de son arrestation et de son procès, Il va bientôt déposer sa vie. Avant sa mort, Jésus prie pour ses disciples, y compris nous tous qui avons cru tout au long des siècles. « Bon Pasteur », il connait ses brebis et veut les rassembler dans un même bercail. Il prie pour ces hommes et femmes qui l'ont suivi, qui l'ont accompagné, et dont certains sont ébranlés, déconcertés.

Dans cette prière, Jésus demande deux choses essentielles : l'unité et le bon témoignage. La nécessité de témoigner est soulignée par cette phrase « ne pas les ôter du monde », où Jésus lui-même les envoie à son tour. Peuple de Dieu appelé et « baptisé pour témoigner », nous avons intérêt à rester unis : « Qu'ils soient un, comme nous-mêmes ». Cette belle prière sacerdotale souligne que l'unité des croyants découle ainsi de l'unité trinitaire, du Père, du Fils et de l'Esprit saint. En effet, pour tout chrétien, travailler pour l'unité c'est un impératif, une mission au sein de l'Eglise et de toute l'Eglise. « Vivre en communion fraternelle » était la priorité des premiers chrétiens : « Ils mettaient tout en commun ».

On sait combien, par exemple, l'unité du couple se manifeste chez les enfants et chez les amis. On sait aussi, a contrario, que les déchirures ou manque d'unité conduit parfois aux massacres, aux crises politiques et socio-économiques, aux ruptures d'amitié entre amis et communautés, aux divisions familiales, au divorce des couples. Au sein même de l'Eglise, les schismes qui ont eu lieu au cours de l'histoire en disent long. Le chrétien est celui qui travaille pour l'unité. Raison pour laquelle, à chaque messe il y a une prière pour la paix et « l'unité parfaite ».

Cette prière sacerdotale de Jésus fait référence à l'Esprit Saint lorsqu'elle évoque le don réciproque entre le Père et le Fils et du don du Fils aux hommes. Le même Esprit nous aide à garder fidèlement les commandements de Dieu et sa Parole.

Oui, « la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ ». Puissions-nous discerner les traces de l'Esprit au milieu de nous, en communauté, en famille, dans nos cœurs et, nous laisser guider et transformer par lui.

Abbé Joseph Sagahutu