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Montage et répétitions ... Quelques images du montage du podium et des répétitions de l'Ecole de danse Aurélie Thill d'Arlon ainsi que Vincent Hubert aux grandes orgues de St-Martin

Spectacle du vendredi 23 mars 2018 -  8 min. Plus de 70 artistes en fête pour célébrer les 10 ans du réseau Eglises Ouvertes à l'église Saint-Martin d'Arlon, les 23 et 24 mars 2018 ! "En Chemin", un spectacle à la fois intime et grandiose, qui rassemble musiciens, danseurs, solistes, acrobates, choristes et pèlerins, d'Arlon et d'ailleurs. Une belle aventure partagée, en l'honneur d'une église particulièrement vivante ! Direction artistique : Sacred Places

Homélie du dimanche 1er mai 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

Bonjour à tous.

En vous disant cela, faut-il y voir un signe ou la preuve de la joie que j'éprouve en ce moment de vous rencontrer ce matin ?

Car il s'agit bien de cela dans la rencontre souhaitée par Thomas avec Jésus !

Les mots preuve et signe recouvrent bel et bien des réalités différentes bien que complémentaires et parfois très proches. Un signe n'est pas nécessairement une preuve et réciproquement.

Depuis le début de cette eucharistie, Jean-Marie nous a déjà proposé toute une série de signes dont on a souvent perdu le sens profond, à force de les répéter !

Ainsi Jean-Marie nous a invités au début de la messe à reconnaître que depuis notre dernière rencontre avec Dieu, nous avons tous manqué à l'amour dans nos pensées, nos paroles et dans ce que nous avons fait ou aurions dû faire...

Ce n'est pas par hasard, si juste après, nous avons demandé à Dieu sa miséricorde (Kyrie) et qu'au nom de Dieu, Jean-Marie nous a pardonné ensuite tous nos manquements.

Si nous n'avions pas été invités à cet acte d'humilité, aurions-nous été ouverts à demander à Dieu qu'il nous montre comment mieux aimer ? Voilà aussi pourquoi Jean-Marie nous a invité à faire une croix sur notre tête, notre bouche et notre cœur avant de proclamer la bonne nouvelle, simplement pour accueillir davantage l'esprit d'amour en nous.

A la fin de la lecture, Jean-Marie a embrassé le livre saint avant de le commenter ! Quelle en est la signification ? Il a simplement demandé à Dieu que ce soit Lui qui parle à travers ses lèvres pour édifier la foi et l'amour de la communauté. Je le ferai moi aussi.

Dans l'évangile que nous venons d'entendre, je vois deux expériences de la résurrection de Jésus différentes :

- La première va combler de paix et de joie les dix disciples prostrés au fond du cénacle : Jésus vient tout simplement vers eux et en guise de signes, leur montre spontanément ses plaies aux mains et au côté. Tous, ils exultent et croient. L'évangile ne parle pas de preuve, mais bien de signes !

De tous temps, Dieu offre à tous les hommes des signes par milliers. Heureusement qu'il en est ainsi, car sinon la foi en Dieu resterait malgré tout un « sacré » saut dans le vide !

Pour ma part, j'ai eu la chance que ma mère m'ait appris à les lire depuis mon plus jeune âge. Dernièrement, pour fêter dignement mes soixante ans, j'en ai compilé les plus édifiants dans un ouvrage que j'ai appelé « De commencement en commencements »(*), occasion unique de rendre grâce pour tous ces clins-Dieu.

- Le chemin de Thomas est d'un autre ordre. Thomas a « ouï dire », mais cela ne lui suffit pas. Il a besoin de s'approprier la démarche et d'y avancer avec toute sa sensibilité et sa rationalité. Il souhaite entrer en dialogue, en quelque sorte. J'aime répéter qu'« être chrétien, ce n'est pas être crétin ». Jésus le sait aussi et c'est pourquoi, spontanément, il respectera Thomas tout en faisant avec lui ce qu'il avait fait avec les dix autres. Il lui montre ses plaies et l'invite même à les toucher. Pour la petite histoire, rien dans le texte ne dit que Thomas l'a fait... Par contre l'évangéliste avance sans détour que face à ces mêmes signes, Thomas n'a pas attendu et s'est écrié à son tour : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Nous voilà bien en face à deux chemins différents mais tous les deux, ils mènent à la même conclusion : oui, Jésus est bel et bien Dieu venu vivre parmi nous. Il est vraiment ressuscité. Pour Jésus la foi ne s'encombre pas de preuve, mais Il comprend qu'on ait besoin de signes.

L'essentiel, dorénavant, c'est d'aller annoncer cette bonne nouvelle jusqu'au bout de la terre en la mettant d'abord en œuvre dans notre propre vie.

C'est ce qu'a fait Jean-Paul II que l'Eglise déclare bienheureux en ce moment.

Le paradoxe en cet instant est que Jean-Paul n'aimait pas trop que les laïcs fassent l'homélie à la place des prêtres et que les filles soient acolytes. Ouf, il reste encore à Arlon de la place pour une respiration différente au sein de notre sainte mère l'Eglise...

Cela dit, Jean-Paul est et restera pour moi l'homme qui aura le plus marqué l'histoire de l'humanité de ces deniers siècles. Pour l'avoir filmé à trois reprises dans le cadre de mon métier (à Saint Jacques de Compostelle, Paris et Rome), j'ai eu la chance de pouvoir scruter son visage de très près, à plusieurs reprises. Combien de fois je me suis dit : qui est cet homme incroyable ? Quel destin ! Je termine actuellement l'illustration d'un livre écrit par le père Dideberg sur le Cœur de Jésus. Dany a jugé intéressant d'y intégrer les propos étonnants tenus en 1932 par Sainte Faustine Kowalska, dans son « Petit Journal » : « J'aime particulièrement la Pologne, déclarait le Seigneur, et si elle obéit à ma volonté, je l'élèverai en puissance et en sainteté. D'elle sortira l'étincelle qui préparera le monde à mon ultime venue ».

C'est elle qui a inspiré à Jean-Paul d'inscrire dans le calendrier liturgique la fête de la miséricorde qui est fêtée aujourd'hui, comme tous les deuxièmes dimanches après Pâques...

Cette nuit-ci, j'ai laissé remonter en moi de nombreuses images et séquences qui m'ont marqué tout au long du pontificat de ce grand format. Je vous en partage l'une ou l'autre :

- Dans l'avion qui me ramenait d'un tournage en Israël, huit jours après que Jean-Paul s'y soit rendu personnellement, j'ai lu dans le « Jérusalem Post » du jour deux articles impressionnants. Le premier était signé par le rédacteur en chef qui proclamait sans coup férir que cette rencontre avait fait avancer le rapprochement entre le monde juif et chrétien plus que tout ce qui avait été mis en place depuis des centaines d'années. Plus bas sous sa photo, la chanteuse israélienne Noah déclarait qu'elle avait pleuré toutes les larmes de son corps, quand Jean-Paul était resté longtemps en prière au Yad Vashem (le musée de l'holocauste).

- Je n'oublierai jamais le visage du président Gorbatchev sortant du Vatican avec son épouse. Il témoignera plus tard, que ce fut un des plus grands moments de sa vie et qu'il en est sorti bouleversé. Responsable des services secrets russes du KGB au moment de l'assassinat du pape, Dieu seul sait ce qui est remonté en lui ce jour-là... Quelques semaines après, le rideau de fer s'écroulait, alors que personne n'aurait osé imaginer pareil scénario.

- Que dire encore de ce moment où Jean-Paul donne l'absolution à Ali Aqsa dans sa cellule...

- Autre moment mémorable, le geste que Jean-Paul a eu quand il déposa à Fatima sa toge ensanglantée aux pieds de la Vierge, la remerciant d'avoir dévié miraculeusement la balle qui aurait dû le tuer !

De tout ce que Jean-Paul nous a laissé de trésors incommensurables, retenons ce qu'il nous a dit dès sa première audience : « n'ayez pas peur ». Si ce matin, vous avez mal à vous-mêmes, à la vie, à votre santé, votre travail, votre conjoint, vos enfants, et pour tant d'autres raisons encore : « n'ayez pas peur » car Jésus est vraiment notre Seigneur, notre Dieu.

Plutôt que de chercher en vain des preuves, ouvrons-nous aux signes que le Seigneur nous offre par milliers, que ce soit dans nos cœurs ou encore à travers ceux qui nous aiment et donnent leur vie sans compter, comme ce fut le cas de Jean-Paul II.

Le baptême d'Émeric qui va suivre s'inscrit parfaitement dans cette démarche.

Hubert van Ruymbeke

(*) Hubert van Ruymbeke est l'auteur du livre "De commencement en commencements", en vente au CDD d'Arlon au prix de 24€