Fête nationale du 21 juillet

Célébration interconfessionnelle à 10h à St-Martin

Homélie du dimanche 20 mars 2011 - 2ème dimanche de Carême PDF Imprimer Email
Année 2011

La Transfiguration du Christ vient donner tout son sens à notre vie chrétienne.

Durant ce Carême, nous sommes invités à accueillir les signes de cette espérance et à nous mettre en route à l'appel du Seigneur. Nous continuons  à découvrir l'importance de la réconciliation, la prière et le partage, à concilier l'écoute de la Parole et la mise en pratique. Dans cette mission, nous avons l'assurance du Seigneur lui-même qui nous envoie : « Relevez-vous, n'ayez pas peur » (Mt 17,7). Nous sommes invités à raviver le don spirituel que Dieu a déposé en nous, « car ce n'est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un Esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi ». Le Seigneur avait dit à Abraham: « Pars de ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père, va dans le pays que je te montrerai » (Gn 12,1). Dieu a pour nous un projet. Il nous a sauvés et, « il nous a donné une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes mais par sa grâce, et à cause de son projet à lui. Cette grâce nous est donnée et est manifestée en Jésus-Christ » (2 Tm 1,10).

Dans l'Evangile, le Seigneur dévoile sa gloire devant les témoins choisis : « Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l'écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux » (Mt 17, 1-9). Aujourd'hui, ils voient son visage transfiguré. Plus tard, au jardin des oliviers, ils le verront défiguré. Le Messie qu'il nous faut écouter est un Messie souffrant et crucifié. Par cette transfiguration, Jésus veut bannir du cœur des disciples le scandale de la Croix, de peur que ce passage de la Croix ne trouble leur foi. Il veut leur révéler la dignité cachée de sa Passion (St Léon le Grand). Cet Evangile est proclamé au deuxième dimanche de carême pour encourager les chrétiens à suivre le chemin de Jésus sans traîner les pieds, voire même le chemin de la croix. Comme on le dit souvent, il n'y a pas de Pâques sans Vendredi Saint, même la cloche qui retentit est passée par le feu.

Ce deuxième dimanche de carême, ne fût-ce que dans les textes bibliques, nous avons le témoignage de foi et d'obéissance de ceux qui ont répondu à l'appel de Dieu : Abraham, Paul et Timothée, les disciples de Jésus, ... mais l'histoire est encore plus riche en exemples de témoins. L'histoire de l'église nous montre des gens qui se sont mis en route suite à l'appel de Dieu. Il est impressionnant de constater qu'au dernier moment, Jésus comptait sur un petit cercle de disciples. Judas l'avait trahi, les autres avaient eu peur, au pied de la croix il ne restait que quelques femmes dont Marie, sa mère, et le disciple qu'il aimait, mais que ce petit groupe a allumé la flamme jusqu'aux extrémités de la terre. Tant de témoins dont les martyrs ont choisi de suivre le Christ et de vivre avec lui jusqu'au dernier soupir. L'Europe est même privilégiée, riche de sa longue histoire missionnaire.

Au temps de Jésus, comme à notre époque, des hommes et des femmes ont témoigné et continuent à témoigner que « Le Seigneur est pour nous un appui et un bouclier » (Ps 32). Ces témoins de tous les temps nous exhortent à garder espoir et à réconforter nos frères et sœurs. Ils nous exhortent à garder « le bon dépôt avec l'aide de l'Esprit Saint qui habite en nous » (2 Tm 1,14). Ils nous invitent à lire des signes des temps et ne pas succomber à la tentation de désespoir, mais à sortir de notre « timidité » et à « réveiller la grâce de Dieu » (2 Tm 1,5-6). Ces femmes et hommes engagés ne se laissent pas influencer par les contrecoups du moment. St Paul aimait à le rappeler dans ses lettre à Timothée : L'Evangile ne doit pas être falsifié.

Frères et sœurs, il est vrai que parfois nous vivons dans un monde défiguré par la précarité, par la violence, par l'indifférence, ... Et souvent, nous avons l'impression d'être dans le brouillard. Aujourd'hui Jésus nous « emmène à l'écart, sur une haute montagne », de proximité avec lui, avec Dieu son Père et notre Père. Il nous rappelle que même quand tout va mal, nous ne devons pas perdre confiance en lui. La mort et le péché n'auront pas le dernier mot (Marguerite Barankitse).

Abbé Joseph SAGAHUTU - Vicairre à Saint-Martin