Parking autour de St-Martin

La zone bleue a été étendue tout autour de l'église, rue du Transept et rue J. Koch. N'oubliez pas de mettre votre disque de stationnement !


Homélie du dimanche 6 mars 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du livre du Deutéronome (11,18.26-28.32)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (3,21-25a.28)
Evangile : selon saint Matthieu (7,21-27)

L'Eternel est « mon rocher, ma forteresse, mon libérateur (...), mon rocher, où je trouve un abri. Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite » (Ps 18,2). Oui, Seigneur, aux moments difficiles, « sois le rocher qui m'abrite » (Ps 30). Le psaume 30 nous invite ainsi à nous appuyer sur Dieu, notre « Rocher », d'où coule la source de toute bonne action, Dieu qui est en même temps le Rocher et la Source de toute bonté, de tout amour et de toute sainteté.

S'appuyer sur Dieu c'est l'affaire de toute une vie, l'affaire de chaque instant de notre vie. Ce débat n'est pas nouveau avec Jésus. Déjà à l'époque de Moïse, Dieu invitait son peuple à s'orner des commandements de Dieu : « attachez-les à votre poignet comme un signe, fixez-les comme une marque sur votre front » (Dt 11,18). Dieu a manifesté sa justice qui nous sauve, nous dit la deuxième lecture, et la Loi et les prophètes en sont témoins. Cette justice de Dieu est donnée par la foi en Jésus-Christ, pour tous les croyants. Pour Paul, la foi, c'est confesser le Christ comme Sauveur et, par conséquent, vivre avec lui « en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus » (Rm 3,24).

Les exhortations finales du sermon de Jésus sur la montagne  manifestent la pondération de l'évangéliste qui vise d'abord « les ministres », c'est-à dire les responsables dans l'Eglise qui ont à veiller sur la fidélité de celle-ci. Mais dans l'Eglise, « tous » (deuxième lecture) nous sommes des chrétiens responsables (P.-A. Liégé). Nous ne devons pas nous réfugier derrière l'éventuelle incompétence de l'un d'entre-nous. Et il ne suffit pas de dire : «  Seigneur, Seigneur » ; il faut découvrir la volonté de Dieu et la mettre en pratique. Ainsi seulement, nous réussirons notre vie, une vie bâtie sur le roc. Pour y arriver, les deux moments sont importants : le dire et le faire, la méditation de la Parole et sa mise en pratique, la prière et la solidarité.

Dans la suite des chapitres précédents de Matthieu, ce dimanche nous lisons cet appel de Jésus à faire la volonté de son Père. Cette volonté doit changer notre vie, sinon cela reviendrait à « construire une maison sur le sable ». A l'exemple de Jésus, la prière nous permet de tenir bon (Mc 14,38 ; Col 4.12). Mais aussi, la prière est pour nous une action de grâce (deuxième lecture), au-delà de nos efforts il y a toujours Dieu qui agit avec puissances, maintes fois à travers les gestes de nos frères et sœurs. Dans leur témoignage de solidarité, on peut « faire partie d'une famille ». L'exemple de Madame Ingrid Betancourt est, on ne peut plus claire. Elle qui avait « tout perdu » (sa famille, le travail, son pays, la liberté, ...), tout ce qu'elle a reçu après les cauchemars chez les FARC, ce sont des « bénédictions », rien que des cadeaux : « ceux qui ont risqué leur vie » pour sa libération (Même le silence a une fin, 2010). Pour elle, faire le bien c'est cela ce qui est important, car « la grande difficulté des victimes c'est de ne plus l'être... de retrouver l'amour malgré, de passer au-delà, ... » (interview du 17/02/2011).

Aujourd'hui encore, des artisans de paix et de pardon donnent un bon témoignage d'amour et d'espérance, à la suite de Jésus (la liste serait longue même chez les personnes que nous connaissons de près). Les plus nombreux sont ceux qui travaillaient dans la discrétion pour un monde meilleur, en Europe, comme ailleurs dans le monde. Quelqu'un proposait même une façon de faire un réseau de ces braves gens, autour de nous, mais aussi au-delà de nos frontières géographiques, linguistiques, culturelles, ... Souvent ce sont les plus pauvres de la société qui ne veulent pas que l'on fasse de leur bonne action une sorte de publicité.  Le partenariat IBANGA avec le diocèse d'Inongo (RDC) est un exemple parmi tant d'autres qui montre cette Eglise d'Afrique qui est soutenue par ces « plus petits » de l'Evangile que l'on trouve dans les Eglises d'Europe. Je suis parmi les privilégiés  et  mieux placés pour le témoigner (mars & mai 2011). Malgré leur simplicité et leur humilité, ces simples gens  parviennent à donner espoir à leurs frères et sœurs d'Afrique qu'ils ne connaissent pas nécessairement. Ils ne font pas ces actes de charité pour leur intérêt ou pour la publicité.

Oui, faire la volonté de Dieu le Père et bâtir sur le Rocher ! Voilà, frères et sœurs, un texte qui nous introduit directement dans l'esprit du carême qui commence bientôt. Et je vous souhaite déjà d'entrer dans ce temps de grâce avec un cœur de partage et de prière, de méditation et de témoignage, « en paroles et en actes ». Car en effet, les deux sont inséparables.

Abbé Joseph SAGAHUTU - Vicaire à Saint-Martin