Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie de la nuit de Noël 2009 PDF Imprimer Email
Année 2009

Frères et sœurs, ça y est, nous sommes enfin à Noël ! Il était temps ! Car depuis plus d’un mois, nos rues, nos commerces, en jettent plein la vue… Les journaux, la TV nous « gavent » à grands renforts de réveillons et de « grande bouffe »… Les « Pères Noël » n’en finissent plus de nous racoler pour des photos… Les restaurants nous proposent des réveillons ! … « Cherchez à faire la fête, cela vous fera oublier tout le reste » semble dire tout ce tintamarre publicitaire… Tableau d’une fête usée, désabusée qui arrive tous les ans un 25 décembre et qui ne laisse pas plus de lumière qu’un pétard mouillé ?

 

Est-ce cela Noël ? Attention : tout cela n’est pas négatif à 100%, dans ce désir de chasser la grisaille des jours, les difficultés du quotidien… dans ce désir d’espérer l’Espérance… Car n’est-ce pas cela Noël : retrouver une espérance ?

Notre présence (nombreuse) dans cette église, cette nuit, comme dans tant d’autres, n’est-elle pas un signe porteur d’espérance ? Pourquoi êtes-vous venus ? Peut-être pour trouver ici un peu de rêve, de merveilleux… ou pour laisser remonter en vous quelques traditions de foi… ? J’ose croire, qu’à l’intime de vous-mêmes, plus profondément, vous êtes à la recherche d’une étoile ou d’un guide, à l’écoute d’un appel, d’une voix qui pourrait vous dire une parole de vie.

Et voici que dans cette nuit, ensemble, vous qui êtes de passage ou qui ne venez ici que rarement et vous qui venez ici dimanche après dimanche (avec une fidélité épouvante), jeunes et moins jeunes, ensemble, voici que nous devenons un signe pour ce monde, une espérance pour la marche du monde. Il y a 2000 ans, les bergers de Bethléem, ces quelques pauvres bougres venus voir l’enfant né dans une mangeoire d’animaux, étaient bien loin d’imaginer l’ampleur de l’événement dont ils étaient à la fois les témoins et les acteurs ! Ils étaient sans doute bien loin de penser que cette nuit-là ils entraient dans l’histoire…. ! S’ils avaient su alors !

Cette nuit, peut-être bien aussi à notre insu, voici que nous devenons « signe » pour ce monde qui n’en finit pas de naître. Ne sommes-nous pas en train d’écrire une page de cette histoire spirituelle qui traverse les siècles ? Demain, on chuchotera dans notre entourage : lui aussi était à la messe de minuit, il était à la crèche, il a suivi l’étoile… ils étaient tout un peuple ! Hier, Jésus a voulu se faire reconnaître d’abord par les pauvres, des anonymes, des mal croyants. La même histoire se renouvelle depuis 2000 ans. Aujourd’hui encore… .

Toi que je ne connais peut-être pas, avec toi j’écris une parabole du Royaume, je trace un signe d’espérance dans la nuit ! Toi qui es venu ici ce soir un peu par hasard, voici qu’ici tu trouves à tes côtés d’autres frères et sœurs conduits par la même étoile et avec eux tu témoignes d’une Présence. Le miracle se renouvelle, ensemble, croyants, curieux de Dieu et chercheurs d’étoiles, nous nous épaulons, nous nous encourageons sur le chemin de la crèche, sur la route qui mène à Jésus… ensemble, nous continuons d’écrire le mystère de l’Incarnation, le mystère de l’Amour éternel qui prend visage au cœur du monde. Pour se dire, Dieu a toujours besoins de témoins, pas seulement des martyrs et des saints, mais aussi des bergers, des simples, des anonymes, des pécheurs, des gens entrés par hasard ou pour voir… Dieu entre souvent à l’improviste, sous le couvert de l’    anonymat, au hasard d’une rencontre ou dans l’inattendu… peut-être, eh oui ! pourquoi pas ?, une nuit de Noël ?!

Mes amis, en cette nuit d’amour infini, un petit enfant est au milieu de nous, de la part de Dieu, il nous confie un  secret pour notre vie et pour la vie du monde : c’est l’Amour qui sauve ! C’est l’Amour de Dieu qui te sauve !

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin