Nous avons le plaisir de vous communiquer le lien vers la vidéo du spectacle « En Chemin » à l'église Saint-Martin sur YouTube (version complète - 1h10)
Homélie du jour de Noël 2009 PDF Imprimer Email
Année 2009

Marie, 5 ans, demande à sa maman, il y a quelques jours de cela : « Pourquoi on recommence Noël tous les ans ? » Et maman de tenter d’expliquer à Marie le sens des anniversaires et des fêtes… qui font partie des joies de la vie et des rites de l’amour. Parmi tous ces rites, un des plus beaux est sans doute celui de l’anniversaire d’une naissance : toi que j’aime, toi mon enfant, toi mon ami, chaque année, je salue le jour ou tu es né à la vie et au monde !

 

 

 

 

Noël pour les chrétiens, chaque année le 25 décembre, c’est saluer ce jour où Dieu est entré en humanité par la porte des humbles et des tout-petits, lors  d’un voyage obligé d’un jeune couple revenu à la terre de leurs ancêtres pour un recensement. Comme bien des immigrés, ils trouvent des portes closes. Seuls des bergers dans la nuit viennent les saluer.

Noël pour les croyants, c’est un anniversaire… mais c’est aussi une expérience spirituelle toujours en évolution. A la petite Marie qui pose des questions, il faut aussi, peu à peu faire comprendre. « Tu vois, Marie, Noël, chaque année, c’est Dieu qui revient frapper à la porte de ton cœur et te redit à toi et à tous les autres : « Si tu veux, aujourd’hui, je  viens habiter chez toi ! »

Nous sommes chaque année différents. Notre histoire est toujours en mouvement. Je change, j’évolue. Le monde change et me pose de nouvelles questions. Parfois même me bouleverse. Ma foi, elle aussi,  est toujours remise en question.

Mes amis, prenez garde ! Peut-être bien que vous prenez des risques en venant à la messe de Noël ! Cela pourrait bien être pour vous autre chose qu’un moment d’émotion et qu’une belle histoire !

Si Dieu en ce jour frappe à notre porte, que lui direz-vous ? S’il vous propose d’habiter votre vécu, votre histoire, que lui répondrez-vous ?

Si, en ces jours de fête, nous sommes si nombreux à l’église, c’est que la fête de Noël résiste encore à toutes les entreprises de désenchantement. En un certain sens, elle reste « magique ». La crèche, le sapin, les cadeaux, la solidarité, les retrouvailles : tout contribue à ce que les cœurs palpitent ! Et pourquoi en aurions-nous honte ?

Encore faut-il prendre la mesure de l’événement – oui, la fête est belle, mais saint Jean, au tout début de son évangile que nous venons d’écouter, commente ainsi l’irruption de Jésus en notre monde : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas accueilli ». Ainsi, Noël commémore aussi une exclusion historique, un rejet qui atteindra son degré maximal sur le calvaire.

Au-delà de l’émotion et de l’émerveillement légitimes que nous pouvons ressentir devant l’Enfant de la crèche – comme devant tout nouveau-né - , accueillir le Christ, c’est l’accueillir avec tout ce qu’il est, avec toute la force divine qui est en lui, avec son combat contre toutes les formes du mal (le mensonge, l’orgueil, l’égoïsme…), avec sa puissance de pardon, de salut et de résurrection. Accueillir le Christ dans sa vie, c’est faire le choix de mettre l’amour à la première place de nos priorités, un choix à refaire chaque jour. Sommes-nous prêts à lui ouvrir notre porte ?

Avons-nous l’envie et le courage de résister à la pression médiatique et sociale qui n’en finit pas aujourd’hui de ranger l’Evangile dans la corbeille des vieux papiers… et Dieu lui-même parmi les encombrants et les références ringardes ? Oui, en ce jour de Noël sommes-nous prêts à ouvrir la porte de notre cœur à ce Dieu d’amour venu pour donner sens et vie à note humanité ?

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin