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3 Dimanches gratuits

Homélie du dimanche 22 février 2009 PDF Imprimer Email
Année 2009

1ère lecture : du livre d'Isaïe (43,18-19.21-22.24c-25)
2ème lecture : de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1,18-22)
Evangile : selon saint Marc (2,1-12)

 

Nous venons d’écouter cette parole sur le paralysé : Jésus-Christ annonce la Parole – comme aujourd’hui, Jésus-Christ est en train d’annoncer la Parole -, et il y a tellement de foule à l’intérieur que c’est impossible de rentrer. Mais il y a des gens qui arrivent et qui amènent un paralytique, qui est porté par quatre personnes. Et comme c’est tellement impossible de rentrer à l’intérieur, ils ne sont pas gentils de demander au gens de leur donner la priorité : ils décident de passer par le toit, et ils descendent ce brancard devant le Seigneur. C’est la seule façon, pour ce paralytique, d’être présenté à Dieu ; il n’y a pas d’autre façon pour qu’il puisse le guérir.

 

 

Ce paralytique, aujourd’hui, c’est une figure emblématique pour nous, parce que ce n’est pas par hasard que le Seigneur nous donne cette Parole. Ce paralytique est l’image de notre situation : nous marchons souvent dans la vie – nous pensons marcher – comme des personnes paralysées, et il y a des tas de choses qui nous paralysent. C’est peut-être la peur de l’avenir, cette instabilité de la vie ; la crise financière ; ton ménage, peut-être, il te paralyse, tu ne sais pas comment t’y prendre ; les questions que tu te poses : Dieu existe-t-il, ou il n’existe pas ? Le questionnement face à la mort : Dieu fait-il bien les choses, ou non ? C’est la peur de l’autre ; c’est ton mari, qui te fait tellement peur, que parfois tu es paralysée devant lui, tu ne sais pas comment réagir, si avec violence, ou alors tu te renferme dans ta cuisine, tu commence à faire mijoter ta soupe. Des tas de choses…Ou même ta femme, qui est tellement jolie et qui est tellement délicate, mais quand elle ouvre sa bouche, elle te détruit, et alors tu te paralyse, devant la télévision, devant Internet, ou je ne sais pas quoi, un verre de vin, ou de bière. Cette paralysie c’est notre incapacité de réagir face au gens qui nous méprisent : c’est ton patron de travail, qui te critique ; c’est l’incertitude de ton salaire ; tellement de choses dans la vie…

 

Et ce paralytique – vous savez – je ne sais pas si vous avez vu un paralytique : un paralytique c’est quelqu’un qui est dépendant des autres, il n’est pas autonome, il doit être constamment porté. Pour manger, il faut quelqu’un qui le fasse manger ; pour aller aux toilettes, la même chose. Et c’est aussi l’image de notre dépendance des autres. Le désir immense que nous avons d’être considérés, d’être estimés : si quelqu’un ne te regarde pas, tu es déjà mort ; si quelqu’un ne te fait pas la bise, ne te dit pas bonjour, déjà tu penses qu’il a quelque chose contre toi, ou qu’il n’est pas gentil, etc. La peur de perdre l’affection, de tes enfants, de ton mari, de tes petits enfants ; tellement de choses qui nous rendent paralysés, et qui nous empêchent d’avancer libres dans la vie : la vieillesse, la maladie, constamment. Le paralysé n’est pas tellement humble, souvent : le paralysé c’est quelqu’un qui se pense tellement victime de l’histoire et de ce que Dieu a fait, qu’il prétend que les autres le servent, normalement, dans la plupart des cas, à moins qu’il ne soit tellement éclairé. Et c’est aussi notre image : des gens qui pensons avoir droit, à que ta femme te serve, te comprenne ; que ton mari te comprenne, qu’il te dise bonjour, etc.

 

Mais il y a une bonne nouvelle, aujourd’hui : qu’il y a des gens qui apportent ce paralytique devant le Seigneur, parce que c’est la seule façon pour ce paralytique. Peut-être, il ne dit rien, ce paralytique, dans cet évangile : peut-être, il n’a même pas envie d’être guéri, il est tellement bien sur son brancard, comme beaucoup de fois nous aussi, à la maison, chez nous. Mais il y a une Eglise qui le porte. Cette Eglise, aujourd’hui, c’est cette Eucharistie concrète : ce n’est pas un hasard que nous sommes ici, sérieusement. Aujourd’hui, cette Eucharistie, au début de cette semaine de congé, avant le Carême, c’est l’occasion pour nous d’être guéris profondément. Alors, il y a un espoir pour ceux qui se reconnaissent dans ce paralytique, et il n’y en aura pas pour ceux qui ne pensent pas avoir besoin. Peut-être, on fait partie de cette foule, qui est simplement là, écouter la Parole ; mais le Seigneur est en train d’attendre un paralytique qui soit présenté devant lui.

 

Mais la chose intéressante, c’est qu’il est descendu, ce paralytique, à travers un toit. Cela est aussi l’image de quelqu’un qui, aujourd’hui, dans ta vie, ou une situation, est en train de te faire descendre ; quelque chose qui t’humilie, quelque chose que tu n’arrives pas à comprendre ou à accepter ; les faits, que tu demandes au Seigneur : « mais qu’est-ce que tu… » ; ou peut-être tu ne demandes même pas, parce que tu as tellement peur de t’adresser au Seigneur, tu penses que ça va être encore pire…Qu’est-ce qui, aujourd’hui, te fait descendre ? Parce que si tu reconnais, aujourd’hui, quelque chose qui te fait descendre, qui t’humilie, et qui, aujourd’hui, t’a apporté, t’a conduit à cette Eucharistie, c’est à cause de cela que tu es là. C’est à cause de ton mari, c’est à cause de ta sœur, c’est à cause de ton frère, qu’aujourd’hui nous sommes ici. Et le Seigneur t’attend pour te guérir ! Lui, qui s’est fait pour nous le vrai paralytique, quelqu’un qui a été cloué sur la croix : il n’y a pas de plus grand paralytique qu’un homme crucifié. Mais c’est un homme, aujourd’hui, qui s’est levé, qui a pris sa croix, et qui veut faire la même chose avec toi.

 

Aujourd’hui, par cette Eucharistie, le Seigneur te dit : lève-toi, prend ta croix, prend ta situation qui aujourd’hui t’angoisse, parce que moi, je veux te guérir ; je veux faire de toi quelqu’un de libre ; je veux détruire ta paralysie. Quelqu’un qui puisse aimer, qui puisse accepter l’humiliation, qui puisse accepter la souffrance ; quelqu’un qui puisse entrer dans les événements de mort. Aujourd’hui, c’est impossible pour nous, mais le Seigneur veut le faire, il veut le faire concrètement, par cette Eucharistie. Lui, qui va se donner, comme Corps et Sang. Le même homme qui a pris ta paralysie, là où pour toi c’est impossible de rentrer, sur ce grabat qui te porte. Aujourd’hui, le Seigneur voudrait te le faire prendre, afin que tu rentres chez toi, dans ta maison, et que les gens puissent dire : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil ! » Nous attendons tous voir quelque chose : un homme paralytique qui prend sa croix, et qui marche. Tu attends de le voir, ou non ? Ou cela ne t’intéresse pas ?

 

Aujourd’hui, nous rentrons chez nous, comme avant, et continuons : nous prenons nos skis, et nous allons en vacance, tranquillement… Parce que c’est cela que le Seigneur voudrait faire, te faire voir quelque chose que tu n’as jamais vu : rentrer dans ta croix, et bénir le Seigneur, parce que tu as une vie nouvelle à l’intérieur de toi.

 

Donc, demandons au Seigneur qu’il puisse faire ce miracle, aujourd’hui, qu’il puisse nous guérir à travers son Corps et son Sang.

 

 

Ciro LIPARTITI – Diacre, séminariste stagiaire à Saint-Martin