Homélie du dimanche 15 février 2009 PDF Imprimer Email
Année 2009

1ère lecture : du livre des Lévites (13,1-2.45-46)

2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (10,31-11,1)

Evangile : selon saint Marc (1,40-45)

 

Pour comprendre la rigueur de la législation juive, rappelée par la première lecture, il faut sans doute essayer d’imaginer l’horreur qu’inspirait la lèpre et le risque d’épidémie. Eloigner le lépreux, c’était une mesure de salubrité publique.

 

 

 

Mais, vous me direz, pourquoi alors lui faire crier « impur, impur ! », sinon parce que, dans la mentalité juive de l’époque, toute maladie a une signification religieuse. Etre atteint d’un tel mal qui ravage les chairs et le visage, cela ne peut être que la conséquence d’un désordre moral, la trace d’un grave péché. Un tel individu doit être exclu, excommunié du peuple saint ! Il n’existe plus socialement !

Passant outre aux interdits religieux et aux tabous sociaux, un lépreux a pourtant l’audace de venir trouver Jésus. Quelle va être la réaction du Maître ? Si celui-ci veut respecter la Loi, il doit le chasser et s’enfuir. Mais Jésus « étendant la main, le toucha ». Et ce geste divin, brisant les interdits, guérit le lépreux. Un geste de Jésus et tout l’édifice de la loi se trouve remis en question ! Il invite à la reconstruction d’un monde nouveau où le lépreux aura sa place et Zachée et Marie-Madeleine et la Samaritaine et la cananéenne et le centurion romain : tous ceux dont la loi faisait des exclus et des excommuniés.

Un nouveau monde où la foi la plus grande est celle du centurion, où les pécheurs et les prostituées précèdent les bien-pensants, où les enfants sont des références pour les sages, où Dieu se révèle sous les traits de l’affamé, du prisonnier, du méprisé. Un monde nouveau qui n’a de loi que l’amour…

Que voilà une Bonne Nouvelle pour tous les pauvres et les exclus, quelles que soient leur pauvreté et leur exclusion ! Pour faire advenir ce monde-là, il y a encore des lieux de conversions et des changements de mentalités à opérer ! « Ta guérison, disait Jésus aux lépreux purifié, sera pour les gens un témoignage. » « Quand le Christ me touche, met la main sur ma blessure, je deviens un témoin »

Nous tous qui nous revendiquons « disciples de Jésus », sommes-nous prêts à donner à notre génération si tentée par de nouveaux racismes et de nouvelles exclusions, le témoignage que Jésus attend de nous, le témoignage que seul l’amour guérit et que de l’amour de Dieu, personne n’est exclu ? Voilà une question qui prolonge bien à propos les 24 heures de l'Amour que nous venons de vivre ensemble… Une question qui doit tarauder l'Eglise elle-même… du Vatican au cœur de chacun de nous !

 

    (Largement inspiré de Feu Nouveau n°2 – 49ème année)

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin