Homélie du dimanche 23 novembre 2008 - Fête du Christ Roi PDF Imprimer Email
Année 2008

1ère lecture : du livre d'Ezékiel (34,11-12.15-17)
2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (15,20-26.28)
Evangile : selon saint Matthieu (25,31-46)

Le dernier dimanche de l'année liturgique nous replace cette année devant le visage de Dieu, plus précisément devant le Dieu révélé par Jésus, une image toute en contraste, à la fois le Bon Berger et le Juge de nos vies et aussi celui que l'apôtre Paul présente dans sa lettre aux Corinthiens comme le vainqueur de la mort et qui a donc le pouvoir royal de soumettre à Dieu toute la création "pour que Dieu soit tout en tous" au jugement final.

 

 

 

Se retrouver dans un face à face avec Dieu, tel sera le soir de notre vie à chacun et tel sera le terme de l'histoire des hommes d'après la Bible et l'Evangile.

Contrairement à ce que pouvaient dire Karl Marx et les maîtres du soupçon du 19ème siècle qui parlaient de la religion comme de l'opium du peuple et qui fustigeaient un discours de l'Eglise qui disait ou qui aurait dit à ses ouailles : "Ne vous tracassez pas si vous être opprimés ici-bas, vous serez heureux au ciel !"… Contrairement à cette parole qui en a révolté plus d'un, ce n'est pas là la volonté du Christ ! Si l'au-delà est décrit comme un bonheur et une récompense pour ceux qui auront aimés leurs frères, Jésus ne méprise en rien la vie d'ici-bas. Que du contraire !

L'ultime parabole du Jugement dernier est bien un vibrant appel à vivre intensément et généreusement notre vie présente. La vie éternelle nous la commençons aujourd'hui. Le Christ qui nous accueillera au soir de notre vie tel un bon berger est aussi celui qui se donne à rencontrer chaque jour dans le visage de tout homme blessé. Avec le pouvoir royal que lui confère sa résurrection, il jugera chacun sur l'amour partagé. Saint Jean de la Croix a magnifiquement résumé l'heure du Jugement en disant : "Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour."

Savoir qu'un jour nous serons jugé sur notre vécu, cela donne du poids et du sens à notre vie, à notre quotidien… exactement comme les examens de fin de trimestre ou de fin d'année viennent donner du poids et du sens au travail quotidien de l'étudiant ! Le présent de chaque jour, c'est sérieux !

Parmi toutes nos préoccupations, nos courses folles et nos commerces, une seule question, à la fin, aura du prix pour Dieu, avec une valeur telle qu'elle nous ouvrira les horizons d'une vie et d'un bonheur éternels : as-tu vu le Christ dans ton frère ? Ton frère pauvre, nu, affamé, exilé, malade ou prisonnier, ton frère âgé, sidéen, chômeur, dépressif, handicapé…

Au soir de notre vie, il restera nos amours désintéressés, nos rencontres, la qualité de nos relations, le temps perdu pour l'autre, l'accueil du faible, nos choix pour la justice et le partage… tout le reste sera plus ou moins du vent et des excuses bien encombrantes !

Puisse l'Eucharistie que nous sommes venus célébrer ce dimanche nous remettre une fois encore face à l'essentiel !

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin