La Saint-Vincent de Paul recherche des vêtements d'hiver propres et en bon état à donner pour enfants ou adultes.

Vous pouvez les apporter au 187 rue de Bastogne le vendredi entre 13h15 et 16h ou contacter Karine  Burnotte 0487/402649

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Homélie du 15 août 2008 - Assomption PDF Imprimer Email
Année 2008

1ère lecture : de l'Apocalypse de saint Jean (11,19a;12,1-6a.10ab)
2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (15,20-27a)
Evangile : selon saint Luc (1,39-56)

Il n'y a pas de saison pour les pèlerinages.

Pourtant, l'été et les vacances encouragent cette démarche que l'on retrouve dans la plupart des cultures et des religions. Et il arrive même que le touriste se découvre pèlerin. Il était venu dans un lieu pour le visiter. Et il se retrouve visité par une grâce inattendue. Le 15 août est peut-être un moment privilégié pour joindre le mouvement intérieur au geste extérieur. La Vierge Marie n'est-elle pas la première à nous inviter à cette attitude. En parlant d'elle, le Concile Vatican II disait : elle a vécu l'exode de son fils Jésus comme un pèlerinage de foi.

 

 

Le pèlerinage suppose un aller, une rencontre et un retour.

Le christianisme insiste sur cette dynamique des trois temps. La mise en route est importante. Il s'agit de mettre de la distance entre soi et soi, de mettre en contraste la banalité du quotidien avec l'intensité de l'événement qu'est le pèlerinage.

En cette période estivale, le dépouillement n'est pas que vestimentaire. Il faut se donner de l'espace pour entrer dans un mouvement d'allégement, de purification, de mise à distance de son existence superficielle. Par son exigence pénitentielle, l'expérience spirituelle de cette marche à l'étoile s'inscrit à même le corps du voyageur.

La marche débouche dans un lieu où l'on vénère un saint ou une sainte, quelqu'un qui a vécu intensément un aspect de l'Evangile. Un saint, c'est un morceau d'évangile vivant. Certes, le premier pèlerinage chrétien est toujours Jérusalem, le lieu du passage du Christ. Mais le 19ème siècle et davantage encore le vingtième ont connu une explosion des sanctuaires mariaux. Pensons à Lourdes qui fête cette année le 150ème anniversaire des apparitions de Marie à la petite Bernadette et où l'on attend cette année plus de 10.000.000 de pèlerins, dont le pape Benoît XVI.

Chaque lieu invite à une fête de la foi où l'individu s'insère dans un peuple et où l'être humain retourne à ses profondeurs. Comment ne pas être frappé par cette osmose du naturel et du spirituel, des lieux de jonction entre le ciel et la terre.

Et puis, il y a le retour. Il n'est pas possible de planter sa tente sur le mont de la Transfiguration ou de rester à regarder le ciel. La nostalgie du moment de grâce que peut être un pèlerinage doit se transformer en énergie d'assomption du réel, pour utiliser le mot du jour. En christianisme, toute rencontre avec Dieu doit toujours conduire à la rencontre avec l'homme. Tout moment de grâce doit rejaillir sur la vie.

Si le premier pèlerinage de la jeune Marie l'a conduite auprès de sa vieille cousine Elisabeth, les pèlerinages d'aujourd'hui doivent nous ramener à une meilleure qualité des relations familiales, au dialogue des générations, à la prise en charge des vieux parents, à telle solidarité de quartier ou de travail, ils nous mènent auprès de toutes les victimes des catastrophes, des guerres et de toutes les aberrations de notre humanité… autant de sacrements inconfortables mais incontournables de la rencontre de Dieu et de ses grands témoins.

Fêter l'assomption de la Vierge Marie dans la gloire de Dieu, dans sa plénitude de Vie, c'est aussi fêter sa présence discrète et maternelle auprès de tant de chrétiens. C'est fêter la première ressuscitée dans le sillage de Jésus.

Ce qui est étonnant à constater, c'est que dans tous les lieux où les chrétiens prient Marie et où très souvent les humbles et les malades ont la première place, leur cœur est comme saisi par la charité du Christ. C'est le renversement des valeurs mondaines que chantait Marie auprès d'Elisabeth dans son Magnificat.

Aller en pèlerinage, c'est risquer des remises en question, c'est consentir à devenir meilleur.

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin