Laurent Voulzy sera en  concert à St-Martin le jeudi 18 octobre (complet) et  le jeudi  8 novembre à 20h30.

Les billets sont en vente sur internet à la Fnac et   au Parc Music rue de la Poste à Arlon

Homélie du dimanche 10 août 2008 PDF Imprimer Email
Année 2008

1ère lecture : du premier livre des Rois (19,9a.11-13a)

 2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (9,1-5)

Evangile : selon saint Matthieu (14,22-33)

 

Après la multiplication des pains, les gens ont sans doute pu penser que le grand soir était arrivé ! Pensez donc, un boulanger qui multiplie le pain d’un coup de parole magique ! Quelle aubaine ! Pour le dire en termes d’évangile, on pourrait dire : le règne de Dieu est arrivé !

Ne rêvons pas… et méfions-nous d’un messianisme facile et triomphant… comme cela peut parfois arriver après une grande manifestation religieuse réussie !

C’est bien pour éviter une telle tentation que Jésus, ce soir-là, avec une autorité déconcertante remballe les disciples et les foules.

Quant à lui, il réalise enfin son projet : il se retire dans la montagne, à l’écart, pour prier seul. L’évangile n’en dit pas plus, mais c’est très éloquent ! Dans toute la tradition biblique la montagne est le lieu de la rencontre avec Dieu. Mais n’est-ce pas aussi un peu notre expérience de vacances : la montagne ou la mer, ce ne sont pas les mêmes distractions, ni mêmes les mêmes émotions. Naturellement, la montagne conduit à la contemplation et à l’intériorité. Comme Moïse et comme le prophète Elie, Jésus se met à l’écoute du silence de la montagne… et de Dieu, son Père. Celui-ci va-t-il parler dans le tonnerre et dans le feu… ou dans le murmure d’une brise légère ?

Alors que Jésus part dans la montagne, les disciples, eux, sont littéralement expédiés à la mer… et même sur la mer, en barque…! Entre les lignes, nous pouvons déjà lire qu’il est question ici de la barque de l’Eglise. Elle est terriblement secouée par la mer déchaînée ! Dans la Bible, la mer est perçue comme le séjour des puissances du mal. C’est le lieu de l’agitation, où les forces du Mal se déchaînent. La barque est battue par les vagues, comme la vie des croyants affrontés à toutes sortes de désarroi, de désespérances, de « vents contraires ».

Va-t-on pouvoir s’en sortir ? La question est très actuelle. Remarquons que le texte évangélique est très sobre à ce sujet : il est loin de s’apitoyer sur le sort des disciples… Le monde, c’est le décor quotidien de la foi, là où elle doit être vécue… et non à l’abri, dans des serres chaudes !

« Vers la fin de la nuit » note ensuite Matthieu – c'est-à-dire à l’heure où les angoisses et les combats s’apaisent – « Jésus vint vers eux en marchant sur la mer » !... Voici comme un parfum d’annonce de la résurrection ! La fin de la nuit, c’est le petit matin de Pâques et la fin de la mort.

Jésus marche sur la mer en vainqueur du Mal. L’homme de la montagne, illuminé de la rencontre avec Dieu, son Père, vient vers eux, comme il viendra, soudainement,  vers ses disciples dans le jardin, ou au Cénacle, ou encore sur la route d’Emmaüs. Ici comme là, ils ne le reconnaissent pas, ils croient voir un fantôme.

« N’ayez pas peur ! C’est moi ! » Ce sont les mêmes paroles que le Ressuscité dira pour les rassurer quand il se fera voir à ses amis. Cette nuit-là, déjà, Pierre va parcourir le chemin de la foi : « Seigneur, si c’est bien toi… sauve-moi ! … Vraiment tu es le Fils de Dieu ! »

Croire, c’est marcher avec confiance sur les eaux du désarroi, du doute, du mal qui nous guettent. Quand Pierre regarde Jésus et met en lui sa confiance, il avance. Quand il prend peur et regarde les vents contraires, il s’enfonce.

Frères et sœurs, mes amis, l’Eglise traverse aujourd’hui des eaux tumultueuses. Ce n’est pas en rivalisant avec les vagues tonitruantes du monde qu’elle vaincra. C’est en prenant le temps de regarder son Seigneur qui lui dit « viens »… et en allant vers lui sans crainte.

Nous les chrétiens, nous sommes au quotidien des hommes de la mer (C’est là qu’il nous faut vivre notre foi)… mais régulièrement, il est vital de s’offrir des cures de montagne… pour nous replacer sous le du regard du Christ… et faire le plein de Dieu !

 

Abbé Jean-Marie JADOT  - Doyen de Saint-Martin