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Homélie du dimanche 20 juillet 2008 PDF Imprimer Email
Année 2008

1ère lecture : du livre de la Sagesse (12,13.16-19)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (8,26-27)
Evangile : selon saint Matthieu (13,24-43)

 

J'ai toujours beaucoup aimé l'expression qu'il nous arrive de dire à propos de quelqu'un que l'on connaît : "C'est quelqu'un de très humain"… Etre humain, c'est beaucoup plus que de dire qu'il est un homme, il y a toutes des nuances de compréhension, de tolérance, d'écoute, de bonté, de miséricorde. Ce qui faisait déjà dire à l'auteur du livre de la Sagesse : "Par ton exemple, Seigneur, tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain."

 

 

C'est vers Dieu que la Bible nous invite à regarder pour apprendre à devenir humain. Cette parole biblique questionne les sectaires, les intolérants et les intégristes de tout poil… vous savez, ceux qui se croient purs et bien pensants.

A différentes époques de son histoire, les Eglises chrétiennes ont connu la tentation d'être "l'Eglise des purs", "plus catholique que le pape" qui rejette les pêcheurs et largue les médiocres au bord du chemin. Bien sûr, tous les baptisés sont invités à se convertir de jour en jour mais chacun à son rythme. Bien sûr aucune communauté, aucun croyant ne peuvent vivre sans repères et sans règles. Mais ces balises nécessaires ne dispenseront pas d'accompagner avec humanité et patience chacun sur son chemin. Tout comme l'éducation des enfants et des jeunes, la pastorale doit compter sur le temps et se fonder sur la patience et l'espérance. Tous ceux qui ont des responsabilités dans l'Eglise – à tout niveau – doivent souvent méditer la patience de Dieu avec son peuple, pour accepter la complexité du cœur de l'homme, accueillir la différence et respecter l'œuvre du temps, le temps de la maturation.

"Pour faire un homme, chantait Hugues AUFRAY, mon Dieu que c'est long !"… long comme les années qui vont du grain de moutarde à l'arbre aux oiseaux, long comme les hivers après les semailles et avant l'été des moissons, long comme la nuit de fermentation avant l'heure du pain croustillant. Dans cette longueur du temps, il y a une grande idée maîtresse que chacun de nous, parents, grands-parents, éducateurs ou engagés dans la vie de l'Eglise doivent méditer souvent : laisser le temps au temps pour que l'humanité et le cœur de l'homme s'humanisent… et que Dieu fasse son œuvre en nous…

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin