Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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homélie du dimanche 13 juillet 2008 PDF Imprimer Email
Année 2008

1ère lecture : du livre d'Isaïe (55,10-11)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (8,18-23)
Evangile : selon saint Matthieu (13,1-23)


Quel bonheur que de retrouver une fois encore ce langage en paraboles, si chères à Jésus ! Non pas un langage moralisant mais bien "à partir de la vie", un regard contemplatif et de tendresse qu'il nous invite à poser sur la création, les choses de la vie, l'activité humaine ! De plus, ce langage en paraboles est un langage universel dans le temps et l'espace.


De quoi nous parle Jésus ce dimanche ? D'un Dieu qui est "sorti de chez lui", de sa sphère divine pour semer sa parole dans le cœur des hommes, leur parler.


Dans le langage riche en images simples, Jésus nous parle de la fécondité de la Parole de Dieu au contact de nos vies. Cette fécondité est le résultat de la rencontre du don de Dieu et de l'accueil consentant que l'homme lui fait.


Mais en même temps, il nous parle aussi des obstacles à la germination de la Parole de Dieu.


Il y a tout d'abord le coup raté : la graine tombe à côté, sur le chemin que les oiseaux vont s'empresser d'engouffrer ! Un coup dans l'eau ! Une décision sans suite ! Vous savez, la belle Bible que l'on a reçue à sa communion… et que l'on a précipitamment rangée dans la bibliothèque parmi les beaux livres que l'on ne lit jamais ! L'indifférence a de suite occupé le terrain. C'est l'indifférence à la Parole de Dieu… bien vite suivie de l'oubli ! Il y a aujourd'hui tant de chrétiens d'un jour !


A côté des semailles ratées, il y a la graine qui tombe bien dans le champ… mais c'est un sol pierreux, ingrat, réfractaire où là aussi le grain semé n'a guère de chance de pousser. Si l'Evangile est une formidable parole de bonheur, elle est aussi une question permanente posée à nos choix, à nos comportements, à nos valeurs. Elle est aussi dérangeante. Aussi il en est beaucoup qui se durcissent, se façonnent un cœur de pierre pour ne pas entendre, pour ne pas accueillir ! Dans ces cœurs-là la Parole de Dieu n'a pas de chance de prendre racine !


Viennent encore les obstacles de parcours, les ronces qui poussent elles aussi dans le champ et qui, un jour ou l'autre, risquent bien de venir à bout de la fidélité du croyant : le matérialisme ambiant, les soucis du monde, la course à l'avancement et au niveau de vie supérieure, les séductions de la richesse et des plaisirs faciles, les jeunes si influençables et qui finissent un jour ou l'autre par influencer leurs parents (!)… et tant d'autres chants des sirènes et tentations d'idoles ! Nous sommes tous fragiles et influençables ! Méfions-nous des ronces !


Viennent enfin l'émerveillement et l'action de grâce pour la fidélité du croyant qui reconnait qu'il ne peut se passer d'écouter la Parole de Dieu et qui prend le temps pour la comprendre, pour s'en pénétrer…


Heureuses les terres fertiles qui produisent de bons fruits : des melons de Provence, des pommes de terre de Gaume, des vins de Bourgogne ou du Languedoc ! Tant de terres différentes : heureusement pour la variété des fruits !


Nos cœurs sont différents… et c'est ainsi que Dieu nous aime ! Mais une même parole de Dieu demande d'être entendue et accueillie… Avons-nous du temps pour la Parole ? Cette question essentielle nous nous la reposerons souvent durant les prochains mois en cette "Année de la Parole" que le pape Benoît propose à toute l'Eglise. Nous réfléchirons ensemble des pistes concrètes pour favoriser l'écoute de cette parole de Vie.


Une même Parole de Dieu demande d'être entendue mais la variété des fruits que nous lui permettrons de porter, c'est la richesse du mystère de l'Eglise que nous formons tous ensemble !

 

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin