La Fête de Sainte Faustine avec la Conférence sur la Miséricorde Divine et la Miséricorde à travers la libération

VENDREDI 5 ET SAMEDI 6 OCTOBRE 2018

CONFÉRENCE GUIDÉE PAR LE PÈRE PAUL MARIE DE MAUROY,

Père Paul Marie de Mauroyest frère de la Communauté StJean, philosophe et théologien,ayant exercé diverses responsabilités dans l'Eglise (surtout de prédication). Il est actuellement exorciste des Diocèses de Modène (Italie) et de Beauvais(France).

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Homélie du 25 décembre 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

Nuit de Noël :

1ère lecture : du livre d'Isaïe (9,1-6)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre à Tite (2,11-14)
Evangile : selon saint Luc (2,1-14)

Jour de Noël :

1ère lecture : du livre d'Isaïe (52,7-10)
2ème lecture : commencement de la lettre aux Hébreux (1,1-6)
Evangile : selon saint Jean (1,1-18)

Cousins et cousines à la mode de Judée, ils arrivent de partout pour se faire recenser selon ce que l'occupant romain avait décrété. C'est fou le monde qu'il y avait "en ce temps-là dans ce trou perdu de Bethléem, un nom de village qui signifie en hébreu : la Maison du Pain ! Joseph arrive lui aussi au pays de ses ancêtres pour se faire recenser avec Marie son épouse qui était enceinte".

Malheureusement la salle d'hôtes, la grande salle de la ferme-auberge était pleine à craquer au point qu'il n'y avait plus de place pour eux dans la grande salle et qu'il fallut, en catastrophe, leur procurer une installation de fortune dans l'arrière-salle, là où se trouvaient aussi la mangeoire et les animaux. D'autant plus que la jeune femme était près d'accoucher.

Etrangement, ce mot "grande salle" n'est utilisé que deux fois par l'évangéliste Luc. La seconde, c'est tout à l'autre bout de l'Evangile, quand Jésus dit à Pierre et à Jean d'aller préparer la Pâque : "Voici que viendra à votre rencontre un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le… il vous montrera à l'étage une grande salle garnie de coussins : c'est là que vous ferez les préparatifs." (Luc 22)

L'an dernier – je ne doute pas que tous ceux qui étaient à la messe de minuit s'en souviennent ! – notre ami Pietro avec tout son talent de comédien renforcé par la faconde italienne nous avait fait un numéro de scène avec son fameux billet de 200€ qu'il avait chiffonné et dégradé  sous nos yeux pour nous faire comprendre combien, à Noël, l'homme avait du prix aux yeux de Dieu ! Même l'homme humilié, dégradé par les vicissitudes de la vie et du péché reste pour Dieu son enfant. C'est pour lui que Dieu envoie son Fils partager et racheter notre destinée. Même chiffonné et sali, un billet de 200€ garde toute sa valeur ! Ainsi en va-t-il de l'homme avec Dieu !

Je n'ai ni les moyens, ni le talent de comédien de mon vicaire pour mettre ainsi en scène cette nuit (ce jour) le mystère de la Nativité ! Mais ce que j'ai reçu de Jésus lui-même je vous le donne de tout mon cœur : le Pain partagé qui est son Corps livré ! Lui qui était né pauvre parmi les pauvres dans une mangeoire de la Maison du Pain, au soir veille de sa mort, dans cette grande salle où ses disciples avaient fait les préparatifs, il se livra à ses amis dans le Pain rompu et partagé, dans un ultime geste qui anticipait l'offrande de sa vie sur la croix.

En déposant son premier-né dans une mangeoire, mesure-t-elle, Marie, ce rapport mystérieux entre la naissance insolite de son tout petit dans une étable de Bethléem et le Pain de la Vie qu'il deviendra pour l'humanité ? Mesure-t-elle que son geste de boulangère annonce un autre pain et un autre repas ? Mesure-t-elle qu'en recouvrant son tout-petit pour qu'il dorme comme le boulanger recouvre la pâte pour qu'elle lève, elle anticipe cet autre geste qu'elle posera 33 ans plus tard lorsqu'elle enveloppera ce même fils d'un linceul et le déposera au tombeau… pour qu'il dorme et qu'il lève ?

Frères et sœurs chrétiens, mes amis, cette nuit, Pâques déménage à Noël, Jérusalem se déplace à Bethléem. Les boulangers de la capitale s'installent à la campagne. Le repas pascal, la dernière Cène, se célèbre à l'étable. Tous ils accourent à la boulangerie pour manger le pain de la maison de Dieu. Il y a les gens du pays : David, le petit rouquin qui deviendra roi, et Ruth – la jolie Moabite – et Booz toujours endormi. Il y a aussi les immigrés, vous savez, ceux qui travaillent dans nos champs et gardent les moutons : ils n'en sont pas encore revenus d'avoir eu les premières places… même les mages, eux qui sont étrangers de haut standing. Cette nuit, ils sont toujours en chemin. Ils suivent l'étoile. On les attend. Il y a aussi les anges, eux aussi voudraient peut-être bien goûter de ce pain de Noël.

Il y a aussi tous ceux-là qui depuis vingt siècles suivent l'indication de l'homme à la cruche et du Seigneur qui nous a demandé de rompre le pain en mémoire de lui jusqu'à la fin des temps.

Beaucoup parmi nous sont encore de ceux-là aujourd'hui. D'autres sont peut-être entrés ici ce soir "pour voir" en curieux, curieux de ce Dieu qui se partage comme le pain… ou tout simplement curieux de voir Joseph qui regarde Marie, sa boulangère…

Je vous souhaite à tous, mes amis, la joie de découvrir (ou peut-être de redécouvrir) en cette fête de la Nativité, la beauté simple et inouïe à la fois du signe de l'Eucharistie qui nous rassemble. A chaque fois Dieu se donne comme à l'étable de la maison du Pain, comme dans la grande salle de la dernière Cène, comme à l'heure de la croix où l'Amour est livré !

Dans notre monde qui a tant de faims à combler, tant de blessures à guérir, tant de morts à ressusciter, soyons les témoins joyeux et courageux du Dieu d'Amour !

(Texte inspiré de Gabriel RINGLET dans "Eloge de la fragilité")

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin