Nous avons le plaisir de vous communiquer le lien vers la vidéo du spectacle « En Chemin » à l'église Saint-Martin sur YouTube (version complète - 1h10)
Homélie du 9 décembre 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

1ère lecture : du livre d'Isaïe (11,1-10)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (15,4-9)
Evangile : selon saint Matthieu (3,1-12)

Celui qui était vêtu d'un vêtement grossier en poils de chameau et qui se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage a toutes les apparences d'un original, d'un farfelu ! Pourtant ce gourou de Dieu a du succès : tout Jérusalem et tout le pays courent après lui ! De partout on vient se faire baptiser par lui… mais aussi se faire traiter de tous les noms !

Eh ! oui, c'est qu'il en soulève des lapins le Baptiste ! C'est qu'il en remue des affaires douteuses ! Non seulement il dénonce les voies de garage de la société de son temps mais il exige de ceux qui viennent le trouver qu'ils fournissent la preuve de leur bonne volonté à changer de vie : "Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion !" Et puis, il faut faire vite, "le Royaume de Dieu est tout proche", Dieu est à notre porte !

La capacité de changement, n'est-ce pas la caractéristique des vivants ? Une société qui refuse d'évoluer et de se remettre en question, est une société qui meurt.

L'appel au changement, nous autres chrétiens – permettez-moi l'expression – nous l'avons dans les tripes depuis notre baptême ! Croire au Christ, c'est tout au long de sa vie – tout le temps – accepter de se remettre en question, de se convertir à l'évangile de l'amour. Chaque année, le message de Jean-Baptiste et le temps de l'Avent nous rappellent qu'il y a urgence !

Les drames de la proximité, la fragilité des engagements et de la fidélité, le mal-être de tant de jeunes, la perte de sens et de spiritualité de combien de nos contemporains étourdis dans la consommation, l'impasse politique de notre petit pays tout comme les impasses écologiques, économiques et sociales de notre planète, de manière impressionnante, accentuent cette urgence !

Accueillir le Dieu de Jésus-Christ – célébrer cet accueil à Noël – c'est faire place à cette urgence de changement et de conversion.

Faire la première place à Dieu dans sa vie quotidienne, c'est inévitablement remettre en question ses choix, ses valeurs, ses modes de vie, son regard sur les autres. "Etrange comme mes idées changent quand je les prie" disait Bernanos.

Changer notre manière de vivre et de consommer, changer nos rythmes de travail et de loisirs,… changer le regard que nous portons sur nos collègues et nos voisins,… changer nos pratiques pédagogiques… réévaluer nos disponibilités familiales… et la part que nous consacrons au bénévolat… faire de la place à la prière et à l'écoute intérieure… retrouver le goût du dimanche et de l'Eucharistie… travailler à la paix et à la réconciliation…

Que de choses pourraient changer dans notre vie, dans notre pays et dans le monde si l'Evangile et le Dieu qu'il annonce étaient prioritaires dans nos choix et nos décisions ! Comme l'écrivait avec beaucoup de poésie le prophète Isaïe : "Justice serait la ceinture de nos hanches; fidélité, le baudrier de nos reins. Le loup habiterait avec l'agneau, le veau et le lionceau seraient nourris ensemble, un petit garçon les conduirait...

C'est cela le miracle de Noël : non pas un rêve de paillettes, de champagne et de sentimentalité à l'eau de rose… mais accueillir le Messie porteur de renouveau et d'espérance, accueillir Dieu qui veut habiter et illuminer notre vécu… Y croyons-nous vraiment ?

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin