Nous avons le plaisir de vous communiquer le lien vers la vidéo du spectacle « En Chemin » à l'église Saint-Martin sur YouTube (version complète - 1h10)
Homélie du 2 décembre 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

1ère lecture : du livre d'Isaïe (2,1-5)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (13,11-14a)
Evangile : selon saint Matthieu (24,37-44)

Le retour du Christ (l'avènement du Fils de l'Homme) annoncé pour la fin du monde dans l'Evangile ressemblera à ce qui s'est passé à l'époque de Noé, lors de ce fameux déluge, un événement presque mythique qui remonte à la nuit des temps et qui, manifestement, au temps de Jésus, faisait toujours partie de la mémoire collective d'Israël. Avant le déluge, c'était l'insouciance, l'indifférence, la frénésie de vivre. Les gens ne se doutaient de rien ! On pourrait sans doute transposer cela à bien des catastrophes survenues tout au long de l'histoire de l'humanité. Avant le 11 septembre 2001, les Etats-Unis ne se doutaient de rien. Ils étaient les plus forts, les plus riches, invincibles, ils dominaient le monde. Le Tsunami du 26 décembre 2004 a lui aussi transformé, en un instant, des terres paradisiaques en lieux de désolation.

Dans l'histoire de toutes les sociétés et dans nos histoires personnelles à chacun, il y a aussi des déluges, des cataclysmes, des bombes insoupçonnées. L'insouciance, l'égoïsme personnel et collectif, le refus parfois même de la vérité, l'indifférence aux autres, la compromission avec le mal par intérêt ou par lâcheté… tout cela fait partie de l'humanité de toujours. C'est encore, hélas, d'actualité.

Et si les crises étaient des moments de vérité et de réveil ? En grec, le mot "crisis" signifie tout à la fois la crise et le moment du jugement.

Frères et sœurs, dans la foi, si les temps de crise étaient des moments où Dieu nous parle ? Où nous sommes confrontés au jugement de Dieu ? Sans attendre le jugement dernier, la crise ultime de notre vie – que nous appelons la mort – ni la crise ultime du jugement dernier, à la fin des temps, si les moments de crise que nous connaissons pouvaient devenir des moments où Dieu nous réveille ? Nous remet les yeux en face des trous ?

Chaque année, aux croyants que nous sommes, l'Avent nous rappelle cela : Dieu nous veut "réveillés", des "veilleurs" dans la nuit du monde, des hommes et des femmes qui traversent l'histoire avec espérance parce qu'ils marchent vers une Rencontre, une rencontre qui éclaire et le terme et la route, les heures de paix et les temps de crise et d'angoisse.

L'espérance finale de la rencontre du Christ, elle est une force et une source de courage et de générosité pour vivre le présent et le sauver de la fatalité, de l'égoïsme et du pessimisme.

Notre foi en l'Au-delà et au retour du Christ à la fin des temps n'est pas une fuite en avant ni un mépris de l'aujourd'hui de notre vie. Il est écrit au cœur de chaque être humain une dynamique et un espoir d'éternité, le désir mobilisateur d'une Rencontre et d'un Amour qui nous attend, c'est le fabuleux message de l'Evangile. Cette foi nous est proposée pour donner sens à chaque moment présent comme à l'aventure de toute une vie.

C'est le jeune théologien orthodoxe Bertrand VERGELY qui dit cela avec ses mots à lui : "L'humanité fait des miracles à chaque fois qu'elle laisse parler la profondeur qui se trouve en elle. Cette profondeur est son avenir."

A l'aube de ce nouvel Avent, je vous souhaite de laisser parler vos profondeurs et de vous réveiller pour réveiller notre monde ! Ne faillissons pas à notre mission : baptisés, nous sommes des veilleurs de l'aube !

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin