Parking autour de St-Martin

La zone bleue a été étendue tout autour de l'église, rue du Transept et rue J. Koch. N'oubliez pas de mettre votre disque de stationnement !


Homélie du 18 novembre 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

1ère lecture : du livre de Malachie (3,19-20a)
2ème lecture : de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (3,7-12)
Evangile : selon saint Luc (21,5-19)

Voilà bien une page d'Evangile qui, hélas, n'est pas bien difficile à actualiser. Tous les temples, aussi beaux et forts qu'ils soient, sont fragiles. Temples religieux, temples de l'argent, temples de l'emploi, temples du plaisir. Même la Belgique aujourd'hui – ce pays où il fait bon vivre – est devenue fragile.

La destruction fait partie de l'histoire des civilisations et de l'histoire de chacun d'entre nous. Depuis que ces paroles terribles du Christ ont été prononcées puis rédigées par Luc, sans doute après l'an 70, date de la destruction du Temple de Jérusalem par les romains, d'autres temples n'ont cessé d'aller à la ruine, les peuples de se déchirer, la terre de trembler, des fleurons de l'économie et de la culture s'effondrer… et les humains de mourir.

Dans toute situation de crise et d'incertitude, les leçons du passé et les tragiques enjeux de notre actualité rejoignent les dires de Jésus lui-même quand il nous met en garde contre les prophètes de malheur et les pseudo-messies qui profitent du désarroi humain et jouent sur la peur pour imposer leur pouvoir en faisant appel à Dieu pour tout justifier en se prenant pour le Messie. Aujourd'hui les fanatiques et les fondamentalistes religieux de tout bord ne cessent de défigurer le visage du vrai Dieu. Ils sont aussi dangereux que ceux qui, à l'opposé, se revendiquant d'un laïcisme suicidaire, prônent la libération de toute référence morale et conduisent eux aussi l'humanité vers d'autres impasses et un vide moral et spirituel.

C'est dans ce monde tiraillé et inquiétant que doit se situer le disciple du Christ. "Ce sera, dit Jésus, pour vous l'occasion de témoigner." L'heure présente est bien celle du témoignage.

Quel témoignage ? Celui du Nom de Jésus… au risque d'être ridiculisé, voire détesté de tous !

Le témoignage qui est attendu de nous, c'est celui de notre foi en celui qui s'est révélé être "Dieu présent dans l'humanité aimante, dans l'amour vécu, Dieu présent dans un cœur capable de dialoguer, de pardonner, de se donner totalement."

Et selon la volonté de Jésus – dans son testament – cette foi doit devenir une amitié indéfectible.

La vie n'est pas dans les pierres, les rites et les institutions. Notre Dieu n'est le Dieu des cathédrales ou des jolies petites églises romanes que si dedans se rassemblent des témoins vivant leur foi et la charité, donnant du souffle à l'Evangile.

Reprenant avec bonheur "le slogan" – qui est parole de l'apôtre Pierre – que nous nous étions proposé pour ouvrir l'année jubilaire, le Cardinal Danneels nous rappelait dimanche dernier dans son homélie que c'est nous les pierres vivantes de l'Eglise ! Ne rougissons pas de l'Evangile ! Le message du Christ est toujours formidable.

Face à toutes les fragilités, les vides et les impasses de notre temps, le témoignage des disciples du Christ n'a peut-être jamais été aussi vital. "C'est par votre persévérance, vient de nous dire Jésus, que nous obtiendrons la vie !"

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin