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homélie du 30 septembre 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

1ère lecture : du livre d'Amos (6,1a.4-7)
2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée (6,11-16)
Evangile : selon saint Luc (16,19-31)

Rebelote ! On remet ça ! … Le message cinglant pour ceux qui se sont laissés séduire par le mirage de l'argent est de la même veine aujourd'hui que dimanche dernier ! Pietro nous en a fait un commentaire image (rappelez-vous l'éplucheur de patates électrique qui parle comme un italien !). Il insistait sur le piège de la confusion entre mes envies et mes besoins, un piège aux conséquences toutes aussi désastreuses pour les riches que pour les pauvres… Un constat sans appel que Jésus clôturait en disant : "Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l'argent !" Que cela plaise ou non !

Aujourd'hui, dans le langage en parabole – et donc univoque, sans nuance qu'il affectionne – Jésus évoque l'abîme qui séparera pour l'éternité Dieu et tous ceux qui auront eu un cœur indifférent envers les pauvres couchés devant leurs portes durant toute leur vie. Amos, le prophète communiste lançait déjà le même appel sans concession à ses paroissiens des beaux quartiers de Jérusalem et de Samarie.

La parabole de ce dimanche parle d'un renversement, d'un juste retour des choses tel que Luc aime à le dire. "Les premiers seront les derniers…" Le pauvre se retrouve dans la grande convivialité céleste. Le riche est enterré : pour lui, c'est le grand vide… sans possibilité de rémission.

Attention ! Dieu ne prend pas à la légère notre vie d'ici-bas, car la vie éternelle, ce n'est pas pour plus tard. C'est ici, dans nos choix de vie et nos gestes quotidiens que nous fabriquons de l'éternel. Attention à l'aujourd'hui ! Il y a de l'irréparable dans nos choix et nos attitudes. La vie, c'est sérieux !

Et puis, il y a cet abîme infranchissable qui ne peut être l'œuvre de Dieu. C'est nous qui le creusons. Il est notre œuvre. Trop simple de crier vers Dieu pour qu'il le comble à notre place !

Ce monde nous a été donné pour que nous le construisions, ensemble, fraternel pour tous. La terre nous est confiée pour que tous puissent en récolter des fruits… non pas selon nos désirs débridés… mais selon nos besoins réels (nous disait-on la semaine dernière).

"Un hémisphère nord bouffi et repu, un sud famélique, abandonné, des riches toujours plus riches, et des pauvres toujours plus pauvres, je n'y peux rien" dit Dieu.

La parabole dérangeante de ce jour nous dit que la pauvreté n'est pas une fatalité. C'est aussi l'œuvre de nos mains. Elle est souvent le fruit de l'indifférence. Dieu lui-même se trouve impuissant, pieds et poings liés par nos folies conscientes ou inconscientes. "Même si un mort ressuscitait, ils ne seraient pas convaincus !" Terrible parabole qui en dit sans doute assez pour nous inciter à ouvrir les yeux !

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin