Nous avons le plaisir de vous communiquer le lien vers la vidéo du spectacle « En Chemin » à l'église Saint-Martin sur YouTube (version complète - 1h10)
témoignage de Robert CRESPIN - le 16 septembre 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

DE L'EAU POTABLE POUR L'INTERNAT DE SAN MARCOS EN BOLIVIE


Chers amis de Saint Martin,

Les années ont passé… mais les amis et les souvenirs sont restés nombreux !

Je suis né dans cette ville d'Arlon, il y a déjà 52 ans, et j'ai vécu mes plus belles années – celles de mon enfance et mon adolescence – au sein de cette paroisse. Hier, le 14 septembre, il y a eu 14 ans que nous sommes partis pour la Bolivie, mon épouse et moi, et nos enfants. Nous comptions y rester deux ans, mais les jours, les semaines et les mois courent plus vite que nous et le travail qui reste à réaliser là-bas est immense.

Françoise, qui est restée en Bolivie, car nos deux benjamins sont en pleine année scolaire, travaille dans la prévention de la violence domestique.

C'est un travail courageux, qui épuise parfois, tant les situations sont terribles à résoudre – quand on peut les résoudre – et les cas nombreux, quotidiens, de violence intrafamiliale feraient bien souvent la « une » de nos périodiques.

De mon côté, je travaille dans la formation des équipes éducatives qui ont la charge des petits internats ruraux que nous avons construits, au fil des années, dans les montagnes et les contreforts de l'altiplano bolivien. C'est un travail de longue haleine, car les résultats, dans le domaine de l'éducation, chacun le sait, ne se mesurent qu'à long terme.

Nous avons besoin de vous – vous l'imaginez – et plusieurs continuent de soutenir fidèlement nos projets. MERCI à ceux-là et MERCI à vous tous qui

Ecoutez (lisez) cette intervention et qui prêterez attention à l'appel que nous vous

lançons.

Jean-Marie Jadot, votre doyen, n'a pas hésité à nous donner ce temps de parole, cette fin de semaine, car il devine, comme vous, les besoins de tout ordre, inhérents aux défis de l'éducation, plus encore lorsqu'ils concernent l'aire rurale d'un pays en

voie de développement. Il n'ignore pas - et vous n'ignorez pas - que ce qui motive notre travail, à Cochabamba ou dans le Nord Potosí, c'est la nécessité de s'engager pour les jeunes, et les femmes, qui souffrent d'un manque de formation.

Saviez-vous qu'en Bolivie, plus de 300.000 enfants entre 5 et 15 ans ne vont pas à l'école ? Saviez-vous que dans les campagnes, 8 femmes sur 10 sont encore analphabètes ? Saviez-vous qu'en 2006, 85.000 enfants ont abandonné l'année

scolaire qu'ils avaient entamée ? Saviez-vous que sur 1000 enfants qui commencent l'école primaire dans le campo, à peine 10 – souvent moins – arriveront au terme de leurs études secondaires ? Saviez-vous que, dans ces mêmes régions isolées, entre 200 et 250 enfants, sur 1000, meurent encore avant d'atteindre l'âge de 5 ans ?

Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. Il ne faut pas aller plus loin.

Mais là où nous pouvons encore cheminer – j'allais dire : où nous sommes appelés à réagir – c'est dans la manière d'intervenir. Plus loin, toujours plus loin. Et redoubler d'énergie. Dans notre engagement, surtout.

Voilà pourquoi nous avons décidé de construire un nouvel internat – après 4 autres, qui fonctionnent déjà – dans l'aire rurale, pour les enfants, garçons et filles, des familles paysannes du Canton de San Marcos. Parce que ce sont eux, les premières victimes, de l'isolement, de l'oubli – de l'abandon ? – et de l'extrême pauvreté dans lesquels ils sont nés et condamnés à vivre.

Loin, toujours plus loin, à 10 heures de piste de Cochabamba, à travers monts et rivières. Parce qu'ils sont nombreux, trop nombreux, ces enfants qui n'ont pas accès à l'éducation. Ils sont plus de 3000, rien que pour le Canton de San Marcos, en âge d'aller à l'école. Et le réseau scolaire de la région ne compte que 8 écoles. Il n'y a

place que pour 500 ou pour 600 enfants.

L'internat de San Marcos permettra à une centaine d'entre eux – cela ne fait jamais qu'une goutte d'eau dans l'océan – de poursuivre leur scolarité. Non de l'entamer, seulement, puis de l'abandonner, ensuite, et pour tant de raisons : les distances, énormes, à parcourir (des enfants de 8 ou 10 ans marchent parfois plus de 5 heures par jour pour aller et revenir de l'école) ; la situation économique : quand on ne dispose que de quelques dizaines d'euros, par an, pour faire vivre toute une famille, il est parfois plus important que les enfants aillent gagner leur croûte, coûte que

coûte, quitte à quitter les bancs de l'école où l'on use ses trop rares culottes ; le système scolaire, enfin, où, dans ces régions aussi reculées, les nécessités primaires ne sont même pas couvertes par le gouvernement local.

L'internat de San Marcos, c'est comme à Qachari – puis à Colloma, à Vila Vila et à Quintapampa – permettre à des garçons et des filles de 10 à 18 ans, d'étudier comme tout jeune de leur âge en ont la possibilité dans un pays comme le nôtre ; c'est leur permettre de vivre plus légèrement les manques et les privations qui paralysent encore leurs familles ; c'est leur donner l'occasion de se consacrer exclusivement au devoir de la jeunesse : étudier, se former de manière intégrale. C'est faire en sorte que ces jeunes, grâce à leur séjour à l'internat et à l'éducation qui leur aura été dispensée, soient conscients du rôle qu'ils auront à jouer, demain, au sein de leurs communautés, et des responsabilités – parfois d'un haut niveau – qu'ils pourront endosser en travaillant au bénéfice de leur région.

Aujourd'hui, à San Marcos, existe une très vieille bâtisse, qui sert d'école et d'internat à la fois. Les infrastructures, au fil des ans et des intempéries qui sévissent dans cette région, sont devenues totalement défectueuses. 180 enfants y sont inscrits. Une soixantaine parmi eux y logent dans des conditions infrahumaines. Ce n'est pas raisonnable.

Heureusement, à l'initiative de la mairie locale, une nouvelle école est en construction, sur un éperon rocheux à l'abri des rivières qui, à la saison des pluies, se déchaînent et empêchent tout accès. Elle pourra accueillir le double d'enfants. Avec la possibilité, après le cycle primaire, d'ouvrir le cycle secondaire des humanités.

A côté, la communauté a cédé un terrain. En bonne et due forme. De telle manière qu'après 3 ans d'efforts, nous avons obtenu de Manos Unidas, en Espagne, le financement de l'internat. Au mois de juin, quand le débit de la rivière a sensiblement baissé, nous avons entamé la construction.

Aujourd'hui, elle a bien avancé.

Mais il reste beaucoup à faire. Car le financement n'envisage pas l'équipement de l'internat : les tables, les chaises, les lits, les couvertures… Ni l'électricité : dans un tel isolement, il faut penser à l'énergie solaire, des panneaux photovoltaïques et des batteries. Ni l'eau potable : heureusement, la communauté met une source à notre disposition, à presque 4 km de distance. Il faudra tendre une longue conduite d'adduction, jusqu'à l'internat. Rien n'est impossible. Et c'est ici que nous avons besoin de votre aide. Des tubes en PVC, du fer pour armer le réservoir, du ciment pour couler le béton…

Chers amis,

Le berger qui a retrouvé sa brebis, la ménagère qui a récupéré sa pièce, le père qui voit revenir son fils, non seulement connaissent la joie mais invitent à la partager. Qui est concerné ? Tout le monde : les amis et voisins, le frère aîné et aussi les Pharisiens destinataires de ces paraboles. En fin de compte, nous tous.

Lorsqu'on évoque la passion du Christ, son calvaire, ses souffrances, nous devons aussi songer à celle du Père : « Père, pourquoi m'as-tu abandonné ? »

Aujourd'hui, dans bien des pays pauvres – ou qui vivent les conflits que nous n'ignorons pas – Jésus revit au jour le jour sa passion : celle des enfants de San Marcos, privés de tant de choses, privés de l'essentiel. Et qui souffrent.

Et le père – le père du fils prodigue – comme notre Père – Dieu notre

Père – à leur tour revivent leur passion si quelqu'un leur manque, si quelqu'un se perd ou s'est perdu. Peuvent-ils se réjouir si les inégalités qui divisent, si les injustices qui séparent, subsistent dans tant de contrées de la planète ?

L'Evangile de ce jour nous appelle au partage - à la joie partagée.

Voulez-vous nous partager votre joie ? Vous pouvez nous aider ? Alors, depuis Saint Martin… jusqu'à San Marcos, nous pourrons, ensemble, construire ce pont de solidarité, indispensable à toute intervention de développement.

Ainsi la petite goutte dans l'océan se muera en rivière. Et chacun sait qu'avec de petites rivières, on fait de grands ruisseaux !

MERCI !

Robert CRESPIN


Si vous voulez faire un don et aider ainsi le projet de Robert et Françoise CRESPIN, voici le numéro de compte : 000-0173311-69

de : PROMA A.S.B.L.
Bvd du Souverain, 199
1160 BRUXELLES



Avec la mention : *99 15 00 K'ANCHAY - BOLIVIE *

La mention est indispensable pour que les fonds leur parviennent.