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Homélie du 2 septembre 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

1ère lecture : du livre de Ben Sirac le Sage (3,17-18.20.28-29)
Evangile : selon saint Luc (14,1a.7-14)

Je recevais il y a deux jours, pour une ultime rencontre de préparation de la célébration un jeune couple qui se marie dans les prochaines semaines. Je leur demandais si les derniers préparatifs se déroulaient bien et ils m'ont répondu en chœur : "Quel casse-tête que de penser les places à table des invités ! On a peur de faire des gaffes… de froisser les susceptibilités !"

Nous étions en plein dans l'Evangile de ce dimanche !

La mise en scène par Jésus du choix des places à la table de fête dans cette parabole, n'est pas de sa part une décision anodine ! Se battre pour sa place, que ce soit à table ou dans la vie professionnelle ou sociale, voilà un sport qui ne date pas d'hier… et nous connaissons tous des versions modernes de cette propension de la nature humaine à se faire valoir, à jouer des coudes ! "Les dessous" d'un repas de noces… nous en avons déjà tous entendus parler !

Pour Jésus et pour toute la tradition de son peuple conservée dans la Bible, le repas de noces est le grand symbole de l'au-delà, la grande image biblique de la plénitude du Royaume de Dieu.

Mais quand Jésus nous parle du Royaume, il nous parle tout à la fois, en même temps, du présent et de l'avenir, l'un éclairant l'autre… et lui donnant sens. C'est essentiel pour comprendre le message chrétien. On ne peut entrevoir quelque chose de l'au-delà qu'à partir du présent. Et en même temps, l'au-delà doit stimuler notre aujourd'hui, lui donner de la perspective.

Mais en fait, quel est le message de Jésus dans l'Evangile de ce jour à propos du Royaume ?

Tout d'abord une invitation à l'humilité. Nietzsche, Marx et Freud, "les maîtres du soupçon" du 19ème siècle se sont insurgés en chœur contre l'humilité chrétienne. "Ils y ont vu une aliénation, une manière pour les faibles de refuser lâchement le dur combat de la vie, de ne pas lutter contre l'injustice sociale ou de demeurer enfermés dans une relation psychologiquement infantile…" (B. REVILLION)

Il est vrai que l'injonction d'humilité a parfois permis aux puissants de maintenir leur pouvoir et de faire rentrer dans le rang "les têtes fortes" ! C'est vrai dans le monde comme dans l'Eglise !

Au nom de l'humilité, on a parfois cassé des êtres généreux dont le seul défaut était d'avoir un peu trop de caractère !

Mais l'humilité dont nous parle la Parole de Dieu, ce n'est pas l'écrasement du faible mais la reconnaissance de notre "pesanteur", de notre fragilité. Selon l'étymologie, être humble, c'est se trouver au plus près du sol. Humilité vient de "humus", la terre.

"Se reconnaître fragile, écrit Bertrand REVILLION dans "Prions en Eglise", (se reconnaître) vulnérable, c'est briser le verrou de l'orgueil, laisser l'Esprit ouvrir l'oreille de notre cœur. C'est laisser Dieu entrer en nous par nos failles et nos blessures…" L'humilité est une échelle bien plantée dans la terre et qui nous élève vers le ciel. Là, à la table du Royaume, tout orgueil et toute prétention honorifique n'auront plus cours. Notre besoin de reconnaissance et de pouvoir sera vain… car tous, même les derniers, même les derniers, même les plus faibles seront accueillis et reconnus par l'Amour qui nous aimera gratuitement.

Voilà bien toute la magie, tout le secret de l'Evangile : rêver du ciel, de la plénitude du Royaume, c'est revoir radicalement la manière dont nous vivons le présent.

En ces jours de rentrée, rentrée scolaire, professionnelle, paroissiale, il est bon de nous entendre redire que la priorité de Dieu, c'est l'amour gratuit. "L'idéal du sage, disait la première lecture, c'est une oreille qui écoute". Je vous souhaite à tous d'écouter Dieu pour remettre de l'ordre dans vos choix, dans vos priorités, dans vos comportements.

Vivre la gratuité… voilà sans aucun doute le véritable trésor de l'Eglise qu'elle doit distribuer à temps et à contretemps ! Au cœur même d'une société où le profit règne en maître, voilà le signe distinctif des chrétiens, le signe de la reconnaissance ! C'est cette gratuité de l'amour divin que nous venons célébrer ici chaque semaine !

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin