La Saint-Vincent de Paul recherche des vêtements d'hiver propres et en bon état à donner pour enfants ou adultes.

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Homélie du 15 août 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

1ère lecture : de l'Apocalypse de saint Jean (11,19a.;12.1-6a.10ab)
2ème lecture : de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (15,20-27a)
Evangile : selon saint Luc (1,39-56)

 
Je ne sais pas quelle relation vous avez, vous, avec la vierge Marie. Moi, pour ma part, je vous avoue qu’il m’a fallu du temps avant de pouvoir arriver à me débarrasser, dans ma tête, d’une image d’elle toute faite et préconçue, sans aucun pli ni tache.

C’est un peu comme ça, en effet, qu’on nous la présente souvent. Allez par exemple à Lourdes, ou dans l’un ou l’autre sanctuaire mariale, et essayez d’acheter une statuette d’elle. Vous verrez combien c’est difficile de trouver une statuette où elle ne soit pas présentée toujours souriante, avec des beaux yeux bleu, des longs cils noires et des belles joues oranges, sans rides ni ombres au visage, d’une perfection très pieuse, presque mielleuse et, quelque part, bien lointaine de notre réalité de tous les jours. Pour certains modèles, on peut même appuyer sur un bouton pour que son corps s’illumine ; pour d’autres, il suffit de dévisser la couronne qu’elle porte sur sa tête pour qu’en sorte de l’eau bénite, ou encore, la tourner sur elle-même pour qu’elle joue de la musique.

Et si en plus, à tout cela, on ajoute le fait qu’on dit d’elle que tout au long de sa vie elle n’a jamais péché, qu’elle ne sait jamais mise en colère contre elle-même, même pas après avoir cramé le rôti dans le four ou oublié d’acheter les couches pour le petit Jésus, qu’elle n’a jamais fait la tête à Joseph ou perdu patience avec ses beaux-parents, là alors on peut vraiment se demander qu’est-ce que Marie peut encore avoir en commun avec nous, ‘‘pauvres communs des mortels’’ ?!

Et bien, ce qui m’a réconcilié avec cette image de la vierge Marie, trop céleste et irréelle pour moi, ça a été un petit détail : si vous regardez bien les statues de la vierge, elle est présentée avec un serpent sous les pieds, image du Malin. C’est ce détail qui fait toute la différence.

Si Marie est arrivée là ou elle est arrivée, jusqu’au ‘‘ciel’’ -et l’expérience de l’Assomption, que nous fêtons aujourd’hui, nous le montre bien- c’est parce qu’elle a du lutter pour y accéder. On pourrait dire, si vous voulez, qu’il y a un escalier qui relie la Terre au Ciel. Chaque marche représente une tête de serpent à écraser. Et toutes ces têtes sont les choix qu’on est appelé à faire le long de notre vie. Parfois on montera, parfois on descendra.

Mais alors, on pourrait se demander, à quoi bon monter si on risque, tout suite après, de glisser à nouveau vers le bas ? C’est parce que, même s’il nous arrive de retomber et parfois très bas, on gardera quand même en nous, lorsque on est déjà monté haut, le goût de l’altitude. C’est bien cet avant-goût du ciel la raison pour laquelle, la fois suivante, on se remettra debout et on essayera de redémarrer, pour aller plus loin.

Marie, plus que personne, a su goûter à ces hauteurs. En effet, elle est loin d’avoir été cette gamine naïve et insouciante, qui plane à 10.000 kilomètres de la réalité et pour qui tout lui tombe du ciel. Marie, encore toute jeune, a été confrontée avec des choix d’adulte. Elle se posait sans doute toutes les questions qu’une fille de son âge pourrait se poser, sur la vie, sur l’amour ; elle devait porter en elle tant de rêves, sur le mariage, sur le fait d’être un jour mère ; elle gardait certainement en elle tous les doutes et toutes les peurs de ne pas réussir à être à la hauteur.

Et l’appel de Dieu est venu s’inscrire dans tout ce contexte si humain, si fragile. Marie savait très bien, en effet, que dire oui à Dieu aurait eu des conséquences lourdes, pour elle et pour son entourage : elle risquait de perdre Joseph, son fiancé, qui se serait senti trahi ; elle aurait du porter le regard de tout son village, sur elle, une jeune fille-mère ; elle aurait déçu ses parents et elle aurait probablement du mourir, par lapidation. C’est en sachant tout cela qu’elle a choisi de dire oui à Dieu et à sa volonté sur elle. Marie, si elle a tout gagné c’est parce qu’elle a tout risqué.

C’est là que je vois Marie profondément incarnée. Elle connaît la vie et c’est pour cela qu’elle peut nous rejoindre dans nos combats de tous les jours, les combats que nous devons mener si nous voulons arriver à nous respecter nous-même et, ainsi, ensuite, à mieux aimer les autres.

Voilà pourquoi on peut rentrer encore plus en profondeur dans cette fête de l’Assomption. Cette expérience de monter au ciel, corps et âme, ce n’est pas quelque chose d’extraordinaire, au sens propre du terme. Elle est la conséquence logique d’une vie, celle de Marie, qui, par tant de oui, s’est approchée de plus en plus à ce ciel, à ce goût de Dieu.

Alors, est-ce que c’est vraiment Marie qui est rentrée au Ciel ou c’est plutôt le Ciel qui est rentré en elle ?! Dans tous les cas, l’Assomption n’est qu’un dernier oui dans la vie de Marie; elle est, à la fois, le oui totale de Marie à Dieu et le oui inconditionnel de Dieu à Marie.

Que cette fête de l’Assomption puisse être pour chacun de nous l’occasion d’un nouveau départ, d’une nouvelle escalade. Et surtout n’oublions pas que ce sont les petits oui, le oui de tous les jours, qui préparent les grands oui.

Alors courage, parce que le Ciel est plus proche de nous que ce que l’on imagine, juste à quelque oui de distance. Marie en est la preuve.

 

Abbé Pietro CASTRONOVO – Vicaire de Saint-Martin