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homélie du 5 août 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

1ère lecture : du livre de l’Ecclésiaste (1,2 ;2,21-23)
Evangile : selon saint Luc (12,13-21)

 

L’Evangile est-il rabat-joie ? Et Dieu est-il jaloux des petits plaisirs et satisfactions que nous procure notre niveau de vie confortable ? Devons-nous culpabiliser parce que nous avons eu la chance de naître dans l’hémisphère Nord ? 

Qui de nous oserait dire qu’il n’approuve pas ce riche fermier de la parabole qui tire de son bien foncier un profit de plus en plus important ? Des actionnaires de sociétés tout puissants et intouchables, réinvestissant leurs bénéfices pour eux-mêmes sans songer à les partager à ceux qui réalisent le travail, n’est-ce pas là un spectacle quotidien et hélas banal de nos sociétés ultra-libérales ? "Vanité des vanités, tout est vanité" disait déjà le Quohélet. Des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres. Un capital qui a pris la place de la valeur "travail" et de la valeur "partage"… Des intérêts économiques écrasant des impératifs sociaux, écologiques, spirituels ou humains… voilà bien le théâtre de notre monde dans lequel nous sommes tantôt plutôt acteurs, tantôt spectateurs impuissants.

Dans ce tragique spectacle, la parole du Christ relayée par de trop rares voix prophétiques d'aujourd'hui, étouffées ou raillées, cette parole fait bien l'effet d'un coup de théâtre : "Gardez-vous bien de toute âpreté au gain; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ces richesses." Ou encore : "Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et tes richesses accumulées, qui les aura ?"

Le drame de l'homme – et peut-être aujourd'hui de toute une société – son erreur, son péché, ce n'est pas d'amasser mais bien d'amasser pour lui-même – avec un égoïsme aveugle – au lieu d'être riche en vue de Dieu.

Jésus ne brandit pas la mort comme un épouvantail et une menace pour inculquer la sagesse par la peur. Il nous rappelle le secret du bonheur et le sens de la vie : si l'argent contribue au bonheur, il ne peut se confondre avec lui. Il peut devenir un redoutable esclavage pour qui se laisse séduire.

De plus, si l'argent n'est pas partagé et les richesses justement redistribuées, il y a toujours une menace pour l'équilibre et la paix d'une société.

Les disciples du Christ doivent sans cesse rappeler au monde qu'en toute chose – même en économie – le primat doit être donné à l'homme et à la charité. Tout subordonner à l'amour. Voilà bien la grande loi du Royaume de Dieu, la grande utopie chrétienne porteuse d'un avenir véritable.

Frères et sœurs, quel bonheur d'être chrétiens, interpellés par la Parole ! Même s'il y a encore du pain sur la planche, des montagnes d'égoïsme à culbuter ! Aujourd'hui Dieu nous parle de notre avenir véritable ! De l'avenir de notre planète ! Le croyons-nous ? Nous trouvera-t-il acteurs ?

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin