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Homélie du 29 juillet 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

1ère lecture : du livre de la Genèse (18,20-32)
Evangile : selon saint Luc (11,1-13)

 
La prière n’est jamais une démarche facile, surtout en notre temps porté vers l’extériorité et vers la réussite sociale par l’argent. Aujourd’hui, le bonheur (« prendre son pied »), c’est de « s’éclater » (pour utiliser le langage des jeunes).

Mais la prière fut-elle jamais aisée ? On peut vraiment se le demander en entendant la requête du disciple à Jésus qui était en prière, un jour, quelque part : « Seigneur, apprends-nous à prier ».

La première chose à dire de la prière, c’est qu’elle est contagieuse. C’est voyant Jésus prier que ses disciples ont envie. On ne peut parler de la prière à un autre (à un enfant par exemple) que si on prie soi-même.

De plus, ce jour-là, dans la vie de Jésus est un jour comme les autres, pas nécessairement un moment exceptionnel. « Un jour, quelque part. » Sa prière fait partie de son ordinaire.

Et Jésus de nous dire : « Quand vous priez, dites : Père… » La version de Matthieu ajoute : notre Père… De toute façon, l’interpellation est « communautaire ». Plus loin, on revient au « nous », « notre pain ». Les demandes du Notre Père ne sont pas égocentriques, elles nous invitent à ouvrir nos mains et notre cœur aux autres et vers un avenir à vouloir et à construire ensemble. Le pain à partager, le pardon à offrir, la tentation du repli sur soi à éviter… est-ce bien ce que nous demandons à Dieu dans notre prière… pour que son Nom soit sanctifié et que son Règne vienne ? Notre prière demande toujours à être évangélisée.

Ce « Notre Père » est une parole d’Evangile. C’est vrai qu’on en a fait une formule. C’est vrai qu’on le récite et qu’on est tenté d’en faire parfois une monnaie pour négocier avec Dieu. Quand je veux demander quelque chose, je dis le « Notre Père » comme je compose une adresse ou un numéro de téléphone. Mais si le « Notre Père » est bien une Parole de Dieu, il faudrait le traiter comme une Parole d’Evangile, une Parole faite tout autant pour être écoutée, accueillie que dite. Du coup, la prière est moins un rendez-vous pour parler à Dieu que pour l’écouter, pour me laisser évangéliser par cette écoute.

Mais la prière du « Notre Père », c’est aussi un grand moment de communion fraternelle, de vie d’Eglise. C’est un grand cri vers Dieu coloré de ce que chacun de nous dit au moment où il prie.

C’est particulièrement fort quand nous prions ensemble au cours de l’eucharistie. Une grande clameur vers Dieu bariolée de nos joies et de nos peines, de nos générosités et de nos révoltés, de nos angoisses et de nos attentes pour l’avenir du Règne de Dieu (dans la vie et dans notre monde). Toutes nos diversités sont là ! La prière commune nous permet de les mettre en communion et de les vivre en solidarité. Je vous le souhaite pour aujourd’hui !

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin