Nous avons le plaisir de vous communiquer le lien vers la vidéo du spectacle « En Chemin » à l'église Saint-Martin sur YouTube (version complète - 1h10)
Homélie du 8 juillet 2007 PDF Imprimer Email
Année 2007

1ère lecture : du livre d’Isaïe (66,10-14c)
Evangile : selon saint Luc (10,1-12.17-20)

 
Malgré la couleur du ciel, nous sommes bien en vacances !

Beaucoup ont envie de lâcher du lest et de se reposer, rêvent de plages ou de montagnes… et voilà que l’évangile de ce dimanche veut nous embarquer pour les grandes manœuvres de la mission chrétienne, « la moisson est abondante » ! Jésus, dans l’évangile de Luc, n’envoie pas seulement les Douze (l’escadron spécialisée pour la mission lourde)… mais aussi les Soixante-douze, chiffre symbolique qui, dans le Judaïsme, désignait la totalité des nations païennes : tous les disciples du Christ, tous les baptisés sont envoyés pour une mission universelle !

Où en sommes-nous aujourd’hui avec l’élan de l’Eglise primitive ? Quelle passion nous habite encore pour proposer l’Evangile aujourd’hui ? … pour aller dire aux hommes de notre temps, selon la belle expression d’Isaïe « que Dieu rêve encore de porter l’humanité sur son bras et la caresser sur ses genoux »…

Ceci dit au passage, le Dieu de la Bible, le Dieu à annoncer à tous les hommes, n’est pas uniquement notre Père mais aussi notre Mère, tendre et délicate. Pourquoi « enfermer » Dieu dans la masculinité ? Rien ne nous empêche d’en parler aussi au féminin… comme déjà Isaïe.

Pour annoncer ce Dieu dont l’amour donne sens à la vie de l’homme, il faut des croyants qui acceptent d’être témoins de cet amour, qui osent croire que leur vie peut parler de Dieu et donner sens à la marche de l’humanité. La mission est donc loin d’être finie…

Pour réaliser cette mission, Jésus nous envoie sur la route. La route… c’est déjà tout, symbole qui resurgira de manière éclatante au soir de Pâques en conduisant les disciples à la maison d’Emmaüs.

Prendre la route des rencontres inattendues… oui, mais à trois conditions : tout d’abord, avant de partir, il faut prendre le temps de la prière : prier pour que la mission qu’on engage ne soit pas un feu de paille. Pour cela, il faudra déjà prévoir d’autres ouvriers pour la moisson, d’autres missionnaires qui reprendront le flambeau après nous. Une interpellation qui de nos jours dans nos pays de chrétienté essoufflée a  des accents d’urgence ! Prier le maître de la moisson…

Deuxième condition : ne pas se perdre dans des civilités et des salamalecs interminables et inutiles et surtout ne pas s’encombrer de valises et de richesses. Il faut être libres pour savoir recevoir de nos hôtes en cours de route. Pour recevoir de l’autre, disait déjà la première béatitude, il faut être pauvre, au moins un cœur de pauvre. Sur la route, il y aura des maisons-étapes où les autres pourront nous donner le nécessaire. Quant aux missionnaires, ce qu’ils apportent, c’est la Paix de Dieu : « Paix à cette maison ». Alors l’échange est possible et la relation peut s’établir. De cet échange et de cette relation pourront surgir la paix et la guérison (intérieure surtout) et la découverte émerveillée de la proximité du Règne de Dieu : « Le règne de Dieu est tout proche de vous ! »

Il y a aussi une troisième condition, un autre préalable : Jésus nous envoie deux par deux… Comme la maréchaussée ? Plutôt parce que le témoignage, même personnel, est celui d’une communauté. Deux, c’est la communauté minimale. Notre témoignage est un témoignage d’Eglise. Il faut être deux pour que la charité s’exprime.

Alors, bonne route les missionnaires ! Voilà des paroles d’Evangile qui peuvent donner sens et lumière à nos routes de vacances ! Quelle joie de découvrir qu’une rencontre peut apporter la paix et la guérison des blessures du cœur et de l’âme… et même la Présence de Dieu !

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin