Homélie du dimanche 24 décembre 2006 PDF Imprimer Email
Année 2006

1ère lecture : du livre de Michée (5,1-4a)
2ème lecture : de la lettre aux Hébreux (10,5-10)
Evangile : selon saint Luc (1,39-45)

 « Frères en entrant dans le monde, le Christ déclare avec les mots du psalmiste : « Me voici, mon Dieu, je viens faire ta volonté ! » (Hébreux)

L’entrée de Dieu dans le monde et dans l’histoire des hommes, voilà ce que les chrétiens se préparent à célébrer dans les prochaines heures. Cette irruption de Dieu dans l’humanité survient au terme d’une attente de plusieurs siècles vécue par un petit peuple de cette région du monde que nous appelons aujourd’hui le Moyen-Orient.

Après le temps d’une longue attente mûrie à travers les pérégrinations de ce peuple toujours relancé par les appels des prophètes, quand vint « la plénitude des temps », le jour où, par amour, Dieu décida de devenir l’un de nous et par là même de donner un visage au Sauveur attendu, il ne voulu pas le faire sans l’acquiescement de sa créature. Le « oui » de la petite Marie à l’inattendu et à « l’incompréhensible » de Dieu nous représente à jamais dans ce dialogue humano-divin qui a présidé à l’incarnation. Dieu vient si l’homme est d’accord. Il engage sa foi et sa confiance.

Frères et sœurs, en ce quatrième dimanche d’Avent, nous saluons avec Elisabeth le « oui » de confiance que la petite Marie a dit à Dieu ce jour-là probablement sans tout comprendre. Elle a dit »oui » parce que c’était Dieu qui le lui demandait. La foi n’est pas une évidence au terme d’un raisonnement et d’un amoncellement de preuves. C’est une confiance que l’on fait à la parole de l’Autre.

« Heureuse, s’écrit Elisabeth, celle qui a cru à l’accomplissement de la Parole ! »

Le temps de l’Avent qui se termine aujourd’hui (quelque peu raccourci cette année !) nous a invité à faire revivre en nous cette attitude indispensable pour rentrer dans le mystère de Noël : la foi ! Au premier dimanche d’Avent, la foi doit se faire plus que jamais vigilance pour tenir debout malgré les déferlantes de la société de consommation qui tente à réduire la fête à une grande bouffe ! Aux deuxième et troisième dimanche d’Avent, avec l’appel de Jean-Baptiste, la foi est aussi sortie de soi et partage avec le pauvre dans un monde qui cultive notre égoïsme et sans fait pour satisfaire les riches uniquement ! La foi qui est enfin aujourd’hui avec Marie silence et disponibilité pour entendre la voix de Dieu qui parle à notre cœur si on sait prendre distance par rapport aux bruits et à l’étourdissement du monde !

Ce dimanche nous sommes les témoins de la rencontre des deux cousines qui est la rencontre des deux testaments. Le moment-clé de l’histoire des hommes. Avec Elisabeth, c’est aussi l’acclamation du peuple des croyants qui saluent la foi de Marie et se reconnaît dans son « oui ». « Heureuse toi qui as cru ! » Dieu peut venir… Heureux sommes-nous si nous croyons ! Dieu peut encore venir !

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin