Fête nationale du 21 juillet

Célébration interconfessionnelle à 10h à St-Martin

homélie du dimanche 26 novembre 2006 PDF Imprimer Email
Année 2006

1ère lecture : du livre de Daniel (7,13-14)
2ème lecture : de l’Apocalypse de saint Jean (1,5-8)
Evangile : selon saint Jean (18,33b-37)

Nous voilà au terme d’une année liturgique – tout un chemin de foi et de vie que l’Eglise nous propose chaque année pour nourrir notre vie avec le Christ – et, en ce dimanche festif, nous voilà invités à acclamer le Christ comme le Roi de l’univers.

 

Or, un tel titre, loin d’être pieusement anodin, possède une force critique impressionnante par rapport aux manières dont nous exerçons le pouvoir sur cette terre. Les rois se font rares aujourd’hui, me direz-vous ! Pas si sûr, si nous regardons nos voisins et amis français qui risquent bien dans les prochains mois de s’offrir eux aussi une présidente « Royal » ! Il est vrai qu’ils n’ont pas encore tous fait la révolution française dans leur tête !

Royalistes ou non, chacun de nous est concerné par l’exercice du pouvoir. Parents, éducateurs, enseignants, employeurs, responsables d’équipe, patrons, curés ou doyens… nous pouvons tous occuper un jour ou l’autre une position d’autorité par rapport à d’autres. Or, trop souvent, à vue humaine, le pouvoir est désirable parce qu’il permet de s’imposer, au besoin par la force. Plus besoin d’écouter, de dialoguer, de respecter, de convaincre ! Plus de règles ni de contraintes ! Et quelle griserie d’être la personne en vue, celle qui compte et dont l’avis fait automatiquement pencher la balance !

L’Evangile de ce jour apporte un démenti radical à cette conception. Voici un condamné à mort comparaissant devant celui qui a le pouvoir de rendre la sentence exécutoire – d’ailleurs c’est ce que Pilate va faire. Pourtant, le roi, c’est bien Jésus, promis au supplice ; sa couronne est d’épines, son trône est un instrument de torture et sa cour est composée de deux bandits.

Es-tu le roi des Juifs ? Oui, sans doute, puisqu’il est le Messie, le fils de David, mais plus encore, il est le roi de tous ceux qui reconnaissent en lui le témoin de la Vérité sur Dieu, sur l’homme et sa destinée ;

Mais quelle révolution dans nos esprits !

Devant ce Christ humilié, toutes les illusions, les prétentions, les décorations, les masques, les fortunes, les « poussants », les intérêts ne cessent de tomber les uns après les autres.

Il reste l’amour à l’état pur.

Quand nos prétentions et nos masques tombent, quand nous sommes devant les autres comme devant Dieu nus et vrais, quand il ne reste que notre cœur qui bat, commence alors le témoignage de la Vérité : chacun peut être aimé dans sa différence et sa pauvreté, son handicap et sa fragilité.

Alors commence vraiment le temps du Royaume de Dieu annoncé par Jésus, le temps d’un Dieu qui n’a de puissance que dans son amour et son pardon.

Ce Royaume de Jésus est bien en contradiction avec ce monde et nous avons encore à l’annoncer, à temps et à contretemps, au risque de déranger les puissants, à notre monde toujours meurtri par tant de violence et d’orgueil ! L’enjeu, c’est le vrai bonheur de l’homme et c’est son salut !

Osons nous le redire les uns aux autres ! Le dire à nos enfants ! Le dire à notre entourage ! Le crier sur tous les toits ! Mais surtout ayons le courage de vivre ce que nous annonçons !

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin