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Homélie du 2 novembre 2006 - Jour des Morts PDF Imprimer Email
Année 2006

Il est un chant – que nous avons d’ailleurs prié dimanche dernier avec notre chorale – dont j’affectionne tout particulièrement les paroles qui se termine par cette question : « Comment savoir quelle est ma vie si je n’accepte pas ma mort ? »

Face à la souffrance, face à la mort de l’autre, face à ma propre souffrance et face à ma propre mort, une question essentielle se pose : Comment accueillir cette réalité simple et difficile, si souvent occultée : la mort ne vient pas de l’extérieur, la mort est en moi ; la mort est une partie intime de moi-même ?

On dit que la grande mystique espagnole Thérèse d’Avila répétait souvent : « Vivre toute sa vie. Aimer tout son amour. Mourir toute sa mort. »

« Une société qui n’apprend pas à mourir toute sa mort n’est pas capable de vivre toute sa vie » écrit Gabriel RINGLET (La Croix, 30 octobre 2003). La question se pose à chacun : comment se préparer à vivre sa mort comme un moment essentiel de sa propre histoire ?

« Tenez-vous prêts, répond l’évangile. Restez en tenue de service. Gardez vos lampes allumées. » Je ne vois pas dans ces mots une menace, ni un quelconque mépris du bonheur présent. Que du contraire ! N’est-ce pas plutôt une illumination de notre quotidien, une merveilleuse valorisation du temps présent que de l’envisager comme le commencement de l’éternité ? L’éternité commence aujourd’hui pour celui qui entretient la lampe de la foi et met en priorité dans sa vie le service joyeux et fidèle du bonheur de ses frères.

La tenue de service dont parle Jésus n’est pas un vêtement triste et carcéral qui viendrait ceinturer notre appétit de liberté et de bonheur ! La tenue de service, c’est notre habit de baptême qui nous enveloppe de l’amour de Dieu en nous libérant de la tentation de l’orgueil et du pouvoir ainsi que du cortège de souffrances qui accompagnent – nous ne le savons que trop ! – l’égoïsme et l’individualisme qui pervertissent la paix et l’entente entre les hommes.

Proclamer notre foi en la Vie éternelle, c’est nous donner des raisons de changer le présent et offrir un sens à notre vie et à notre espérance.

Pour accéder à cette profondeur, il faut risquer sa foi au Christ, lui faire confiance. A chaque eucharistie, par la foi, nous communions au Christ sauveur et par lui à tous ceux que nous avons aimés et qui vivent désormais en lui.

Chaque dimanche, en nous rassemblant pour l’Eucharistie, c’est cet émouvant témoignage en la résurrection et en la Vie éternelle que nous offrons à notre monde. Notre démarche, le choix que nous faisons est bien plus parlant que des mots !

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin