L'asbl AMANOCLAIR possède son site Web : http://www.clairefontaine-arlon.be

(Mis à jour pour la réservation de salles)

Lire la suite...
homélie du dimanche 1 octobre 2006 PDF Imprimer Email
Année 2006

1ère lecture : du livre des Nombres (11,25-29)
2ème lecture : de la lettre de saint Jacques (5,1-6)
Evangile : selon saint Marc (9,38-43.45.47-48)

« Envoyés pour annoncer ! »… Vous vous rappelez, cette consigne-slogan qui nous avait été proposée il y a trois ans par les évêques de Belgique pour relancer une année de prise de conscience de l’urgence d’oser proposer ou reproposer l’Evangile à nos contemporains ! Nous en avions fait le thème de nos premières « 24 heures », les « 24 heures d’envoi » ici à Arlon…

D’autres années ont déjà chassé celle-là et pourtant l’urgence de la mission est toujours bien là !!

Il faut toujours annoncer Jésus-Christ, sa bonne nouvelle et son salut ! Mais encore faut-il trouver le ton juste… Durant les premiers siècles, c’est surtout par leur charité fraternelle, leurs communautés vraies et attirantes et par leur foi sans compromis que les premiers chrétiens ont annoncé l’Evangile de Jésus au monde païen de l’époque. Au fil des siècles, la parole s’est faite plus « officielle » et parfois autoritaire, voire sectaire. Le sabre et le goupillon n’ont pas toujours hésité à faire alliance ! Hélas !

Après avoir longtemps « régné » sur tous les domaines de la vie sociale de nos pays d’occident, le christianisme se fait plus discret, voire hésitant depuis quelques décennies. Nous faisons tous l’expérience qu’il n’est pas facile aujourd’hui d’être chrétiens et missionnaires dans un monde pluraliste. Il nous faut tous « apprendre » !

Les lectures de ce dimanche offrent un éclairage intéressant à la proposition. Elles viennent nous rappeler – si besoin est – que la révélation de Dieu et la bonne nouvelle pour l’homme qui l’accompagne ne sont la propriété de personne. Elles nous mettent en garde contre tout sectarisme et toute exclusivité.

« Eldad et Médad n’étaient pas à la réunion des anciens sous la tente de la Rencontre… et ils se mêlent de prophétiser ! » … allait se plaindre le peuple à Moïse ! « Seriez-vous jaloux, répond Moïse ! Ah ! Si le Seigneur pouvait mettre son Esprit sur eux pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! »

« Maître, nous avons vu quelqu’un chasser des esprits mauvais en ton nom et pourtant il n’est pas de ceux qui te suivent ! » … allaient moucharder les disciples auprès de Jésus qui les reprend en disant : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »

Frères et sœurs, il y a 40 ans d’ici, le Concile Vatican II a très officiellement reconnu la liberté religieuse et nous a invités au respect d’autres opinions que les nôtres. C’est un acquis pour lequel il vaut la peine de se battre. Bien des intégristes chrétiens n’ont toujours pas digéré ce décret sur la liberté religieuse !

En même temps, la tolérance est une attitude de vie que nous avons encore à approfondir, à creuser ensemble pour qu’elle ne soit pas simplement une attitude négative, proche de l’indifférence et d’un nivellement par le bas où tout idéal spirituel serait raboté. Pour que la tolérance soit plus que de la tolérance, pour qu’elle soit un mode de vie qui construise et élève le monde, il importe grandement que chacun apporte un matériau solide et de qualité. Plus notre foi chrétienne est appelée à entrer en dialogue avec d’autres, plus il importe que nous l’approfondissions ensemble et que nous réfléchissions et oeuvrions par des moyens d’annonce adaptés à notre temps et convaincants à la fois.

Les diverses propositions d’approfondissement de notre foi qui nous sont faites au fil des mois et des années sont vraiment à prendre au sérieux : lectures, émissions religieuses, journées ou soirées de formation, conférences, équipes de réflexion et de spiritualité… toutes ces invitations répétées sont aujourd’hui indispensables pour persévérer et grandir dans la foi, apprendre à nous situer dans le monde… et oser témoigner par le geste ou la parole !

Sans cela, osons reconnaître que notre foi est menacée de mort à brève échéance et risque bien peu d’être transmise aux jeunes générations !

Pour dialoguer avec le monde, il faut savoir écouter mais aussi avoir quelque chose à dire et à partager !

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin