Nous avons le plaisir de vous communiquer le lien vers la vidéo du spectacle « En Chemin » à l'église Saint-Martin sur YouTube (version complète - 1h10)
homélie du dimanche 24 septembre 2006 PDF Imprimer Email
Année 2006

1ère lecture : du livre de la Sagesse (2,12.17-20)
2ème lecture : de la lettre de saint Jacques (3,16-4,3)
Evangile : selon saint Marc (9,30-37)

Frères et soeœurs

Jésus traversait la Galilée avec ses disciples. Il sent que beaucoup de gens n’acceptent pas son message, il les dérange, il bouscule leurs idées toutes faites. Il est parti discrètement, en secret, avec ses disciples, il a quelque chose d’important à leur dire, et seulement à eux, et il leur annonce :  « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes, ils le tueront… »

Mais aussitôt, comme s’il voulait les rassurer, il ajoute : "Trois jours après sa mort, il ressuscitera".... Voilà des annonces bien étonnantes !

Les disciples ne comprenaient pas. Pourquoi Jésus doit-il mourir ? Ils le connaissent, il n’a rien fait de mal ! Et s’il est l’envoyé de Dieu, Dieu va venir à son secours ! Et puis, il annonce qu’il va ressusciter : ce n’est pas comme ça que ça se passe habituellement ! Ils ne comprenaient pas, et ils avaient peur de l'interroger.

Nous aussi, nous qui connaissons la suite des événements, dans notre esprit comme dans celui des disciples, nous nous demandons parfois : pourquoi Jésus est-il mort sur une croix, le supplice le plus infâmant?

Comme si Dieu échouait : cette humiliation de Jésus, ça nous gêne, c’est une folie ! Nous on aime quand tout réussit, quand tout baigne, quand on a du succès, quand on est considéré, quand on occupe une belle situation. Notre orgueil nous pousse volontiers vers la première place !

L'’orgueil, c’est comme une seconde nature au cœur des hommes. Dans toute société, il faut des préséances, une hiérarchie, c’est nécessaire ! Tant qu’à faire alors, autant être dans les premiers, les plus forts, les mieux considérés ! D’ailleurs, n’est-ce pas comme cela qu’on est le plus utile ! Et voilà les disciples qui gambergent, peut-être sont-ils déjà en train de régler la succession, de se placer ?

« De quoi discutiez-vous en chemin? » Ils se taisaient, tout confus car ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.

« Le plus grand !» Ce n’est pas très joli : alors que Jésus annonce sa mort violente, les disciples, eux, se chamaillent pour savoir qui sera le plus grand dans le Royaume de Dieu ! (Ils connaissaient pourtant les Béatitudes) :

Jésus ne leur fait ni reproches ni sermon : Il met au milieu d'eux un enfant, il l'embrasse! Jésus appelant ce petit enfant, c’est une scène émouvante : on imagine le gamin heureux (mais c’était peut-être une petite fille ?…), tout le monde le regarde, il se demande ce qui lui arrive !

Mais pour les apôtres, ça a dû quand même les secouer : voir un enfant au milieu de leur cercle : c’est différent de ce dont ils rêvaient et discutaient !

Simplement, clairement Jésus les réveille, les sort de leurs rêves de grandeur. Jésus vient d'affirmer que le 1er doit être «le dernier et le serviteur de tous». Maintenant, il ajoute qu'accueillir un enfant, c'est l'accueillir lui-même et Celui qui l'a envoyé. Il avait déjà dit qu'il fallait renaître enfant pour entrer dans le Royaume.

Dieu ne se retrouve pas chez ceux qui veulent être les plus grands; c’est dans un enfant qu’on l’accueille. Un enfant: l’image même de la fragilité ! Derrière cet enfant n’y a-t-il pas tous les petits, les pauvres, les exclus, les fragiles, les crucifiés de tous les temps, de notre temps.

Il parle de sa mort, il annonce sa résurrection et nous montre un enfant. Un enfant : c’est la naissance, c’est la vie, comme une fenêtre ouverte sur la résurrection!

La mort, la résurrection et l'enfant. Et si cet enfant, c’était chacun de nous ?

Abbé Jean FLOHIMONT – curé de Toernich et Udange