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homélie de l'Assomption 2006 PDF Imprimer Email
Année 2006

1ère lecture : de l’Apocalypse de saint Jean (11,19a ;12,1-6a.10ab)
2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (15,20-27a)
Evangile : selon saint Luc (1,39-56)

L’Eglise nous invite à fêter aujourd’hui un signe de notre avenir : en Marie, la toute pure, la toute écoute, la toute accueil, nous sommes invités à admirer et à contempler ce que nous sommes appelés à devenir quand la mort nous aura enfin purifiés de tout ce qui enlaidit encore le présent de notre vie : nos mesquineries, notre égoïsme, nos désirs mal contrôlés, nos compromissions avec l’injustice, nos refus de pardonner et d’aimer… mais aussi nos manques de foi et d’attention à Dieu, autant de conséquences de ce que la tradition chrétienne a appelé le péché des origines, toute cette part mortelle et mortifère de notre aventure humaine qui ne nous permet pas encore maintenant d’être pleinement ressuscités avec le Christ.

Parce qu’elle n’a pas été atteinte par le péché qui nous humilie, par la grâce de son oui total qui a permis de mettre Dieu au monde, Marie participe déjà pleinement au bonheur de la Résurrection de son Fils.

Pour célébrer ce mystère qui nous dépasse, la liturgie nous a proposé de réentendre le récit d’une visitation, d’une rencontre très humanitaire et très divine à la fois, celle de deux femmes, deux cousines, la jeune Marie et la vieille Elisabeth, toutes deux surprises par une maternité inespérée. Nous sommes à l’aube de l’Incarnation. Une rencontre qui donne une dimension de résurrection à toutes nos rencontres humaines, des plus ordinaires aux plus inattendues.

Marie et Elisabeth nous apprennent à aimer les surprises de Dieu et de la vie ! Lors d’une rencontre, nos certitudes peuvent être bousculées « si nous acceptons d’accueillir les fragiles signes que Dieu nous donne de sa présence, là où nous l’attendons le moins, là où parfois nous ne l’attendons plus. » (écrit Isabelle CHAPPUIS-JUILLARD, femme pasteur, dans son beau petit livre « Le temps des rencontres »)

Marie et Elisabeth nous invitent aussi à aimer les remises en question, même dans ce qu’elles ont de plus décapant. Elles ont fait l’expérience de cette remise en question et de la découverte d’une façon de croire malgré les apparences contraignantes de la réalité.

Les deux cousines nous encouragent enfin à aimer les risques inhérents à toute rencontre de l’autre. Elles nous apprennent l’art de la rencontre, comment Dieu peut nous parler et comment il peut bousculer nos existences lors d’une rencontre apparemment banale… qui devient explosion de joie.

Dieu, nous dit l’Evangile de cette fête, peut-être présent et nous surprendre dans toutes nos rencontres. Notre avenir éternel, notre résurrection, « notre assomption » commencent dans le présent de toutes nos rencontres… si nos cœurs restent ouverts à l’inattendu de Dieu. Marie nous précède tout simplement sur ce chemin ! Beauté et magie du christianisme où la rencontre de Dieu se vit dans des rencontres humaines. Marie nous ouvre les portes de l’éternité !

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin