homélie du 13 août 2006 PDF Imprimer Email
Année 2006

1ère lecture : du premier livre des Rois (19,4-8)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens (4,30-5,2)
Evangile : selon saint Jean (6,41-51)

Une fois encore, on peut comprendre la récrimination et le ricanement des Juifs auditeurs de Jésus : Pour qui se prend-il le fils de Joseph quand il affirme venir du ciel !

Mais Jésus ne se laisse pas abattre par la critique. Au contraire, il persiste : « Personne ne peut venir à moi, si mon Père – non pas Joseph de Nazareth mais mon Père qui est Dieu – ne l’attire vers moi… et moi, je le ressusciterai !

Cette prétention de Jésus, n’est pas le discours d’un provocateur ou d’un mégalomane. Il s’agit bien d’un message inouï, qui nous dépasse et qui ne peut se comprendre que si l’on est prêt à faire le saut de la foi. Si Jésus n’était qu’un homme comme les autres, son message séduisant ne serait qu’une belle parole parmi les autres, une parole de sage et de philanthrope. C’est important la sagesse et la philanthropie ! Cela aide à mieux vivre le présent… mais cela ne sauve pas de notre condition mortelle ! Dieu seul peut nous sauver du drame et du scandale de la mort !

Un tel message réclame, de notre part, un acte de foi inconditionnel, une confiance totale en Jésus, et seul à avoir vu le Père, le seul à nous faire partager la vie éternelle… selon ses propres paroles !

Ces paroles, déjà difficiles à avaler pour ses auditeurs, le sont sans doute encore davantage pour bien de nos contemporains englués dans un matérialisme et un rationalisme inhibant ! L’Evangile de ce dimanche est limpide : celui qui croit en moi a la vie éternelle. Dans le christianisme, tout est question de foi et de confiance en Jésus. Le chrétien est quelqu’un qui a été séduit tout entier.

Le regard que nous portons sur l’Eucharistie est du même ordre. Le pain que nous sommes venus partager est bien plus qu’un symbole de convivialité et de fraternité. Il faut la foi pour y voir le corps du Christ, la chair de Dieu donnée pour que le monde ait la vie !

C’est Colette NYS-MASURE qui a écrit à propos de cette page d’évangile provocatrice : « Cette voix qui crie sans répit dans le désert de nos villes, cette voix couverte par les pubs et les promos, pouvons-nous la percevoir ? C’est insensé. Le caractère subversif des paroles du Christ nous assaille en plein visage, nous qui cherchons des assurances tous risques, qui ne pouvons imaginer de saut sans élastique (…). Les chrétiens sont appelés à tout, sauf à devenir des installés. Il nous est demandé en priorité d’adhérer à cette folie : devenir le corps du Christ que nous recevons, et nous laisser à notre tour, consommer… »

Oui, frères et sœurs, il faut encore la foi pour vivre au quotidien ce que chaque eucharistie fait de nous « pour que le monde ait la vie » : le corps du Christ parmi nos frères rayonnant de sa charité ! Pour cette mission, il faut aussi sauter sans élastique !

 

Abbé Jean-Marie JADOT  - Doyen de Saint-Martin