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Montage et répétitions ... Quelques images du montage du podium et des répétitions de l'Ecole de danse Aurélie Thill d'Arlon ainsi que Vincent Hubert aux grandes orgues de St-Martin

Spectacle du vendredi 23 mars 2018 -  8 min. Plus de 70 artistes en fête pour célébrer les 10 ans du réseau Eglises Ouvertes à l'église Saint-Martin d'Arlon, les 23 et 24 mars 2018 ! "En Chemin", un spectacle à la fois intime et grandiose, qui rassemble musiciens, danseurs, solistes, acrobates, choristes et pèlerins, d'Arlon et d'ailleurs. Une belle aventure partagée, en l'honneur d'une église particulièrement vivante ! Direction artistique : Sacred Places

homélie du dimanche 16 juillet 2006 PDF Imprimer Email
Année 2006

1ère lecture : du livre d’Amos (7,12-15)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens (1,3-14)
Evangile : selon saint Marc (6,7-13)

Très chers frères et sœurs,

J’entendais un jour un vieux professeur retrouvant ses anciens élèves, qui essayait d’exprimer ce qu’il retenait comme l’essentiel de toute sa vie. Il le résumait en une petite phrase : « tout est fait et tout est signe ».

Je reprendrais volontiers cette formule, qui est plus qu’une formule, elle est une vision de la vie. Chaque jour en effet, nous rencontrons des personnes, souvent les mêmes, et parfois de nouveaux visages, nous affrontons des événements habituels ou imprévisibles : tout cela forme un tissu de réalités, de faits qui construisent notre destinée, qui sont l’histoire de notre vie à chacun : nous pouvons les ressentir non pas vides de sens, mais comme des invitations, des appels, des signes.

Qui nous fait signe ? A quoi ces signes nous appellent-ils ?

C’est dans la Parole de Dieu que le chrétien cherche et trouve la réponse à cette question, une réponse qui parfois, l’embarrasse. Par exemple, que nous dit cette Parole aujourd’hui ?… Alors que nous sommes volontiers occupés à nous construire une petite vie simple et confortable, voilà qu’en ce dimanche, c’est le signe du prophète Amos qui surgit dans la première lecture. Si ces lectures que nous faisons à la messe sont un message pour nous aujourd’hui, il faut bien reconnaître que cela nous dérange, comme fut dérangé le prophète Amos, il y a 25 siècles. Il avait, croyait-il trouvé son chemin : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète : je gardais les vaches, et je taillais mes figuiers raconte Amos. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël. » C’était un homme simple, le prophète Amos, ni meilleur ni pire que ceux avec qui il vivait, faisant comme il pouvait, son métier de bouvier et d’agriculteur. Il ruminait sans doute ses projets derrière son troupeau quand il comprend que Dieu lui fait signe. Sa vie est transformée, une aventure difficile commence pour lui : il est envoyé pour dénoncer le formalisme des croyants, il sera expulsé de son pays car il gêne les gens en place.

Et dans l’Evangile d’aujourd’hui, c’est Jésus lui-même qui fait signe et appelle ses disciples à une mission qui va bouleverser leurs idées toutes faites de bienséance, de réussite, de respectabilité. Et les voilà qui prennent la route sans rien, des messagers en sandales à semelles de vent, qui ne pouvaient compter que sur l’hospitalité qu’on leur offrirait, peut-être…

Pourquoi n’avoir pas même un bâton pour se défendre, un bout de pain pour reprendre force, quatre sous pour acheter quelques raisins ou quelques figues ? Leur pauvreté devenait signe : ces vagabonds portaient une richesse folle, un trésor d’une valeur inestimable. Il fallait qu’ils n’aient rien pour qu’on voie bien qu’ils avaient tout !

C’est bon de se savoir aimé de Dieu, digne d’une mission, pardonné pour tout et riche d’une espérance inouïe. Mais comment ne pas avoir envie de le partager ? Lorsque nous voyons le jeune Amos qui gardait les vaches et que Dieu appelle, quand nous regardons Jésus en train d’envoyer ses premiers apôtres en mission, lorsque nous rencontrons de ces chrétiens transparents à Dieu, dont la seule présence nous fait soudain ouvrir les yeux à la lumière légère de la vraie vie, n’est-ce pas Dieu qui nous fait signe et nous invite nous aussi à remettre en question nos chemins, à partager nos découvertes, à chercher les appels que Dieu nous adresse chaque jour, à travers ceux qu’il choisit ?

Car aujourd’hui encore, Dieu met sur notre route ses porte-lumières qui nous guident, peut-être sans le savoir, qui sont des signes qui nous appellent. Vous êtes venus, et je vous en remercie cordialement, célébrer le cinquantième anniversaire de mon ordination. Parmi les signes qui m’ont conduit vers le sacerdoce, je voudrais mettre en premier lieu mes parents…. La profondeur de leur foi, leur fidélité à l’Eucharistie, leur immense générosité, leurs attentions quand nous étions malades, leur courage durant la guerre (ce n’était pas une période facile pour les parents de 8 enfants) ont marqué mon enfance. « On est de son enfance, comme on est de quelque part » écrivait Gilbert Cesbron. Mes parents ont été, à leur insu, sans la moindre pression, les premiers inspirateurs de ma décision d’entrer au Séminaire. Et puis il y a eu les encouragements et la gentillesse de mes frères et sœurs (5 sœurs et 2 frères, c’est une bénédiction !), il y a eu les prêtres et religieux que j’ai rencontrés aux études, en paroisse, en retraite, et il y a eu tout au long de ces 50 ans, toutes ces personnes, connues ou inconnues qui m’ont fait réfléchir, aimer, espérer, sourire et comprendre que lorsque Dieu fait signe, cela bouleverse, remet en question et surtout, remet tout en place… Tel fut mon itinéraire, mais il y en a bien d’autres, car pour nous donner rendez-vous à chacun et chacune, Dieu a une imagination infinie…

Frères et sœurs, avec vous, je rends grâce à la Parole entendue aujourd’hui, de toutes les rencontres, tous les événements, tous les faits qui construisent nos vies, parce qu’ils sont signes de Dieu. Et je crois que tous nous sommes appelés à devenir signes, sel de la terre, lumière du monde. Puissions-nous là où nous sommes, être fidèles à cette responsabilité.

 

Abbé Jean FLOHIMONT – Curé de Stockem, Udange et Toernich