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homélie du dimanche 9 juillet 2006 PDF Imprimer Email
Année 2006

1ère lecture : du livre d’Ezéchiel (2,2-5)
2ème lecture : de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (12,7-10)
Evangile : selon saint Marc (6,1-6)

On disait de lui : « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? », un constat qui laisse transparaître une certaine déception ; on s’était fait une autre idée du Messie attendu depuis des siècles ! Certes, l’homme de Nazareth est rempli de sagesse, il parle au nom de Dieu, il accomplit des gestes étonnants… mais il n’est que charpentier ! « Ce n’est quand même qu’un ouvrier de chez nous ! Ses parents, on les connaît bien, ce sont des petites gens du pays ! » Dans la tête des concitoyens de Jésus, c’est difficile de mettre ensemble un charpentier et un envoyé de Dieu !

Oh ! Il n’est pas le premier en Israël à qui cela arrive : Amos, le vacher en a entendu pour son compte le jour où il a quitté son troupeau de vaches pour aller faire la leçon aux possédants e aux nantis ! Même qu’il avait osé leur dire que leur Dieu était du côté de leurs ouvriers exploités ! Et Jérémie, qui ne fut guère mieux accueilli… ! Et cela a continué : Paul, le persécuteur des chrétiens. Méfions-nous de lui, disaient certains ! C’est dans la faiblesse que les disciples du Christ doivent se glorifier.

C’est en poursuivant son combat courageux pour défendre la vie (de la conception à la mort), c’est dans l’engagement du côté du faible et de l’exploité qu’aujourd’hui comme hier, l’Eglise témoigne de Jésus-Christ, qu’elle est porteuse d’une parole de liberté, qu’elle garde toute sa force prophétique.

Méfions-nous des beaux discours. Ce sont nos actes qui témoignent. Le projet-Evangile se vit au quotidien, dans les défis de notre temps, dans les combats contre les nouvelles idolâtries.

La Parole reste rugueuse et incisive. Elle crée des divisions, elle isole ceux qui ont reçu le terrible privilège d’oser la dire… et ceux qui la mettent en pratique. Un prophète est rejeté dans son propre pays, dans sa propre maison ! C’est vrai que de plus loin, on peut plus facilement approuver… cela nous engage moins ! Etrange destinée de ces hommes et de ces femmes de tous les temps qui ont dû porter dans leur chair, dans les tourments de leur cœur une parole brûlante qu’ils devaient dire !

Etre prophètes de l’amour de Dieu – un amour préférentiel pour les pauvres et les faibles – c’est à certains jours ramer à contre-courant de ce que tout le monde fait, tout le monde dit, tout le monde pense, c’est refuser que l’argent soit notre idole et qu’il crée des divisions scandaleuses entre les hommes et les peuples, c’est dénoncer à temps et à contretemps l’injustice, le mensonge et l’égoïsme. C’est repousser un monde qui abêtit l’homme au lieu de l’élever, c’est regarder vers l’homme par excellence qui avant nous a pris le chemin du vrai bonheur, l’homme de Nazareth, l’Homme-Dieu. Aujourd’hui encore, il est au milieu de nous.

Aux jours où nous craignons d’exercer cette mission prophétique, il nous dit comme à l’apôtre Paul qui évoque ses propres limites : « Ne crains pas, ma grâce te suffit ! C’est dans ta faiblesse que je me glorifie ! »

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin