On recherche un-e SACRISTAIN-E

pour l'église Saint-Martin

20h/semaine (horaire souple, prestations le week-end et en semaine)

pour préparer les célébrations et nettoyer l'église.

Qualités requises :  débrouillard  -  disponible  -  accueillant  -  soigneux

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homélie du dimanche 18 décembre 2005 PDF Imprimer Email
Année 2005

1ère lecture : du livre d’Isaïe (61,1-2a.10-11)

2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (5,16-24)

Evangile : selon saint Jean (1,6-8.19-28)

Voilà que Noël approche à toute vitesse ; dans quelque jours on sera envahi par cette explosion de joie et de fête. Ça sera sûrement un moment très chouette à vivre en famille ou avec les amis, mais… dans un mois qu’est ce qu’il en restera de tout cela ?! Le cœur sera rempli de beaux souvenirs, c’est clair, quelques grosses poubelles devant la porte, les guirlandes de lumières à ranger dans les cartons et la crèche à monter dans le grenier, mais… une fois que tu seras de nouveau à ton travail, quand tu auras repris le rythme de toujours, avec les enfants à accompagner à l’école, les bouchons sur la route, les queues kilométriques à la caisse, les montagnes de linge à repasser, ou la solitude de ton appartement, ce silence souvent si difficile à porter et qui t’oblige à garder la télévision ou la radio constamment allumée 24h/24h, pour avoir l’impression d’être moins seul, à ce moment là… qu’est ce qu’il en restera de ce Noël ? Que des souvenirs ?!

Comprenez-moi bien, je ne veux pas être par là défaitiste, bien au contraire : pour que justement ce Noël ne soit pas un ‘‘feu de paille’’ il faut savoir distinguer dès maintenant ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas, sinon on risque de courir après le superflu, après ‘‘la grosse bouffe’’, les cadeaux les plus originaux, les retrouvailles en famille et… se réveiller dans quelques semaines les mains vides ou pleines de ‘‘cendre’’ et dans le coeur une vague sensation de tristesse, le sentiment d’avoir raté quelque chose, d’être passé à côté de quelque chose d’important sans avoir su le saisir. Rappelons-nous par exemple combien de fois nous avons recherché la fête pour la fête, et après, dès que la fête s’est terminée… notre fête aussi s’est terminée, et on est replongé immédiatement dans la grisaille du quotidien, avec sa routine et sa monotonie étouffantes. Pour éviter alors ce contrecoup, souvent si néfaste pour les plus fragiles d’entre nous, ne restons pas à la surface de cette fête de Noël mais descendons au cœur de l’essentiel, au cœur de ce qui a le pouvoir de nous mettre dans la joie et la fête mais surtout de nous y garder ‘‘longtemps’’ dans cette joie et cette fête.

Qu’est ce que c’est cet essentiel ? C’est une Bonne Nouvelle : « Réjouis-toi Marie, comblée de grâce, (…) tu enfanteras le fils de Dieu » ! Ce message de l’ange on l’a toujours senti adressé à Marie ; c’est vrai, mais si l’Eglise dans sa tendresse pour l’homme nous le présente à nous en ce dernier dimanche d’Avent, c’est peut-être parce que Dieu est en train de l’adresser à toi et à moi aujourd’hui ce même message : « Réjouis-toi… car tu enfanteras le fils de Dieu ». Tu crois possible que tu puisses enfanter le fils de Dieu, ou tu n’y as peut-être jamais pensé ?! Et pourtant on dit souvent que Noël c’est Jésus qui veut naître dans nos cœurs. Personnellement j’ai toujours eu du mal avec ces phrases toutes faites, des phrases qui veulent dire beaucoup mais qu’à la fin on en a tellement la bouche et les oreilles pleines qu’elles ne nous disent plus rien du tout. Qu’est-ce que ça veut dire alors ‘‘concrètement’’ que ce Noël le Christ veut naître dans nos coeurs, dans nos vies ?

Tout d’abord il faut se dire que le Christ n’a pas besoin d’attendre Noël pour naître dans nos vies, mais si en ce temps on y met tellement l’accent c’est plutôt parce que nous sommes maintenant plus réceptifs à cette Bonne Nouvelle, aidés par tout le contexte général de fête, de joie et d’attente. Et s’il vous plait, ne réduisons pas cette expression ‘‘enfanter le Christ’’ tout simplement à une image, très belle, très poétique mais totalement abstraite: ‘‘enfanter le Christ’’ c’est laisser que la nature même de Dieu apparaisse dans notre vie de tous les jours, et non pas ‘‘malgr钒 notre faiblesse et notre fragilité, mais ‘‘au cœur même’’ de cette faiblesse et de cette fragilité propres à notre condition humaine. En d’autres mots, ne nous scandalisons pas si dans la fatigue et le découragement, si dans l’épreuve et la déception, nous sommes confrontés plus facilement et plus régulièrement à notre égoïsme, à notre colère, à notre luxure, à notre orgueil… ; soyons plutôt étonnés que le Christ lui n’est pas scandalisé par notre réalité de faiblesse et de péché mais qu’il vient à nous par le don de ses grâces, pour que notre colère puisse ne pas avoir le dernier mot dans notre vie mais que ce dernier mot appartienne au pardon ; il vient à nous à travers ses grâces pour que notre orgueil puisse laisser la place à l’humilité, pour que notre avarice puisse laisser la place à la générosité, pour que notre égocentrisme puisse laisser la place à l’altruisme…

‘‘Enfanter le Christ’’ c’est faire d’une certaine manière la même expérience que Sarah, Rébecca, Rachel, Anne et Elisabeth, cousine de Marie ; c'est-à-dire que le Seigneur, pour réaliser son dessein d’amour sur le monde, a choisi toutes des femmes stériles pour nous montrer que dans notre cœur tant de fois blessé, tant de fois… ‘‘stérile’’, lui peut abattre les frontières de notre humain et faire jaillir l’eau, la vie, justement au milieu de nos déserts ; il veut nous montrer par là qu’il peut faire jaillir l’humilité, l’amour, le pardon dans le désert de nos jugements, de nos rancunes, de nos murmures, de nos haines.

Le mérite de Marie, si vous voulez, n’a pas été celui d’avoir enfanté le Christ par ses efforts, mais simplement celui d’avoir accueilli en elle par son ‘‘oui’’ la grâce de l’Esprit Saint et de l’avoir défendu jusqu’au bout cet ‘‘enfant’’, ne permettant pas au découragement, au désespoir, à la peur de ne pas réussir, d’avoir le dessus et par là d’avorter cette nature divine semée en elle. Je suis certain qu’en ce temps d’Avent le Christ nous a fait à chacun le cadeau d’un certain nombre de grâces ; peut-être qu’une bonne partie de ces grâces consciemment ou inconsciemment, par superficialité, imprudence ou lâcheté nous les avons avortées, mais aujourd’hui je peux de nouveau dire ‘‘oui’’ à ce que ma vie change, à ce que mon cœur s’ouvre sérieusement à une nouvelle dimension d’amour, une dimension verticale, céleste.

Et comme toute une série des petits ruisseaux peuvent alimenter des grandes rivières, difficiles à contenir, toute une série de petits péchés apparemment anodins peut-être ont creusés en nous de gros vices, qui nous font souffrir et qui nous humilient profondément ; de la même manière accueillir les petites grâces que le Seigneur à prévu en ce temps de Noël pourra créer en nous des vertus qui à la longue deviendront des habitudes ; c’est à ce moment-là qu’on pourra enfanter le Christ dans toute sa plénitude et sa beauté. Faisons alors que les grâces que le Seigneur a prévues pour chacun d’entre nous en ce temps de Noël réalisent en nous tout progressivement ce travail d’enfantement et qu’avec la vierge Marie puissions dire au Seigneur : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole ».

 

Abbé Pietro CASTRONOVO – Vicaire à Saint-Martin