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HOMELIE DU DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2005 PDF Imprimer Email
Année 2005

1ère lecture : du livre d’Isaïe (63,16b-17.19b ;64,2b-7)
2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1,3-9)
Evangile : selon saint Marc (13,33-37)

Voilà que nous rentrons ce dimanche dans le temps de l’Avent. Et qu’est-ce que c’est l’Avent ? Ce sont 4 semaines qui nous sont données pour nous préparer à une ‘‘rencontre’’, et qui dit rencontre dit échange ; il n’y a pas de véritable rencontre en effet sans une ouverture mutuelle, des deux côtés. La rencontre se présente à nous alors dans un double mouvement, celui de l’accueil mais aussi celui du don, ce don que je fais à l’autre de quelque chose qui m’appartient, dans l’amitié, mais qui peut aller plus loin et arriver jusqu’au don de soi-même, dans l’amour. Le lieu privilégié où cette rencontre peut s’exprimer dans toute sa vérité et dans toute sa beauté c’est justement la rencontre conjugale, là où les deux époux sont appelés à ne faire plus qu’une seule chair. C’est pour cela que les anciens prophètes pour montrer la force et la puissance qui découle de la rencontre entre Dieu et l’homme nous présentent cette rencontre comme la rencontre entre l’époux et son épouse ; tout l’Ancien Testament n’est que le récit d’une histoire d’amour, celle entre Dieu et son peuple.

Mais comme Isaïe le constate dans la première lecture, cette rencontre d’amour peut être blessée, blessée par la trahison. Et regardez comme cette trahison ne s’exprime pas nécessairement par le fait de chercher cette rencontre ailleurs, avec une autre personne ; elle se traduit tout d’abord par le fait de se fermer sur soi, de se fermer à la rencontre avec l’autre. Par exemple, combien de couples autour de nous vivent encore ensemble mais il manque chez eux les conditions pour que se réalise une véritable rencontre entre eux, sans arriver pour autant ni à la séparation ni au divorce ?! Sans aller trop loin, peut-être que mon couple aussi est passé par là ; pourquoi alors cette tiédeur entre nous ? Qu’est ce qui s’est passé ? Il faut savoir que la possibilité de rencontre entre moi et ma femme ou entre moi et mon mari est blessée très sérieusement lorsque dans cette relation de don/accueil que l’autre m’offre ne correspond pas ou ne correspond plus à ma demande, à mon besoin ; et vice versa: ce que je suis en train d’offrir à mon conjoint peut ne pas correspondre à ce qu’il attend de moi, à ce dont il a besoin.

Vous voyez par là combien est compliquée et fragile la rencontre avec l’autre; si on ajoute à cela que non seulement l’autre pourrait ne pas savoir répondre au besoin intime que je porte au plus profond de mon coeur mais aussi que tant de fois moi-même je ne sais pas de quoi j’ai réellement besoin, là alors réaliser une rencontre pleine et épanouissante entre deux personnes devient une mission héroïque. Si je ne reconnais pas que je demeure un mystère même pour moi-même alors je ne supporterai pas cette sensation de frustration qui découle de la rencontre avec l’autre, sensation de ne pas être compris, de ne pas être reconnu, mais aussi sensation d’impuissance, cette sensation de ne pas réussir à cerner le besoin de l’autre et de ne pas pouvoir être ainsi pour lui cette réponse qu’il attend.

Pourquoi je vous parle de tout cela ? Parce que Dieu, à travers cette ‘‘folie’’ de l’Incarnation que nous fêterons dans quelques semaines, à Noël, a choisi de descendre sur ce terrain accidenté qui est le nôtre et de risquer la rencontre personnelle avec nous. Je ne sais pas si on arrive à percevoir ne fusse qu’une petite partie des conséquences que l’incarnation de Dieu a pu comporter pour lui, avant même que pour nous; c'est-à-dire que dans ce jeu contradictoire qu’on a vu être la rencontre humaine Dieu a accepté de se soumettre à nos règles, sachant qu’on pouvait le refuser et que ce refus pouvait arriver à le voir cloué sur une croix.

Vous comprenez alors que l’importance que je donnerai à cet Avent 2005, la manière plus ou moins profonde dont je le vivrai, est étroitement liée à l’importance que je donne à ce Noël : c’est clair que si pour moi cette rencontre avec Dieu n’est pas importante je la préparerai très superficiellement, ou pas du tout. Et comment savoir si je suis ‘‘ouvert’’ ou ‘‘ferm钒 à cette rencontre ? En répondant intérieurement à une double question : est-ce que je crois que ce que je demande à Dieu, dans la prière, correspond à ce qu’il veut me donner, premièrement ? Et est-ce que je crois que ce qu’il me demande correspond vraiment à ce que je suis prêt à lui donner, deuxièmement ? Parce que sinon le Seigneur, ce Noël, viendra à moi et plutôt que de le ‘‘rencontrer’’ je le ‘‘croiserai’’ tout simplement.

Voyons alors un peu ce qu’il veut me donner et ce qu’il me demande, pour savoir si ça vaut vraiment la peine de préparer cette rencontre, parce que sinon dans l’évangile on a beau dire ‘‘Veillez’’ mais en fin de compte je ne veillerai pas. Par rapport à ce qu’il me demande, il s’agit là de l’aimer, mais il faut comprendre que ce n’est pas parce qu’il a besoin de mon amour, mais parce qu’il sait très bien que j’ai été créé par lui et pour lui et que le moment même ou j’arriverai à l’aimer je réaliserai un aspect important de ma vocation au bonheur. L’autre dimension complémentaire de ma vocation c’est d’aimer les autres et pour cela ce qu’il veut me donner ce sont des grâces, des grâces de communion par exemple, des grâces de patience envers mes enfants, des grâces d’écoute envers mon mari ou ma femme, des grâces de pardon envers telle ou telle autre personne…

Maintenant, il faut voir si de mon côté c’est vraiment ça ce que j’attends comme un bien pour moi, parce que peut-être que ça fait des années que je suis en dispute avec mes frères et sœurs à cause d’une question d’héritage, et peut-être que le Seigneur, ce Noël, voudrait me donner comme cadeau une grâce qui me permettrait de me rapprocher d’eux, mais moi ce cadeau je n’ai aucune envie de le ‘‘déballer’’ ; peut-être aussi que ça fait des années que je suis en procès contre mon voisin, pour cet horrible garage qu’il a construit juste en face de chez moi, et même si le Seigneur, ce Noël, voudrait me donner des grâces pour vivre un dialogue constructif avec lui, une réconciliation, moi je suis braqué sur mon sens de la justice, et je n’ai aucune envie de revenir sur mes décisions… Il y aurait tant d’autres exemples mais la chose importante aujourd’hui c’est de comprendre que le Seigneur connaît les besoins les plus profonds de notre cœur mieux que nous… et ce Noël, a prévu pour chacun de nous une série de cadeaux magnifiques ; le problème c’est qu’il a souvent la mauvaise habitude d’emballer les cadeaux les plus beaux et les plus précieux dans du vieux papier journal. C’est à nous de ne pas rester en surface et d’oser les déballer. Préparons-nous alors sérieusement à ce Noël, à cette rencontre avec celui qui nous révèle à nous-mêmes nos véritables besoins et qui par le don de ses grâces peut y répondre pleinement. Bon temps d’Avent.

 

Abbé Pietro CASTRONOVO – Vicaire à Saint-Martin